Ouverture d'une conférence internationale sur la créativité et la culture

Une conférence internationale consacrée à la promotion de la créativité humaine et de la diversité des expressions culturelles dans l'environnement numérique s'est ouverte le 27 octobre au siège de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), à Paris. Organisé dans le cadre de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, l'événement réunit un large éventail d'acteurs culturels, notamment des personnalités du monde des affaires, des experts du numérique, des journalistes et des responsables publics.

Accent sur l'IA et la diversité culturelle

Les débats portent sur l'incidence de l'intelligence artificielle et des technologies numériques sur la diversité culturelle, la création artistique et les industries créatives. La conférence est structurée autour de trois sous-thèmes : « La créativité à l'ère de l'IA : entre création humaine et production synthétique », « Développer des systèmes d'IA qui respectent les droits et la diversité des expressions culturelles » et « Faciliter la découvrabilité d'une diversité de contenus culturels à l'ère de l'IA ».

Les défis de la représentation numérique de l'Afrique

La conférence met en lumière les difficultés auxquelles le continent africain est confronté dans l'environnement numérique, où quelques langues et références culturelles dominent. L'Unesco rappelle que l'Afrique abrite environ un tiers des langues du monde, avec des estimations variant entre 1 500 et 3 000 langues. Pourtant, ces langues restent largement sous-représentées dans les technologies numériques et les modèles d'intelligence artificielle.

Une sous-représentation dans les jeux de données d'IA

Si certaines langues africaines, comme le wolof, le yoruba ou le swahili, commencent à être intégrées, l'Afrique reste insuffisamment représentée dans les jeux de données utilisés pour entraîner les systèmes d'IA. Cette situation favorise les biais culturels, les erreurs de représentation et l'invisibilité de certaines réalités du continent.

IA et inquiétudes concernant le patrimoine immatériel

Le défi dépasse le cadre technologique et concerne également la préservation et la transmission du patrimoine culturel immatériel africain. Si l'IA ouvre de nouvelles perspectives pour les industries culturelles africaines, en réduisant les coûts et en améliorant la productivité dans le cinéma, les médias, la musique ou la publicité, son déploiement suscite des inquiétudes quant à l'emploi, à la rémunération des créateurs, à la protection du droit d'auteur et à l'utilisation des œuvres pour l'entraînement des modèles, alimentant ainsi les débats sur la propriété intellectuelle.