Depuis vingt ans, les États-Unis expriment leur inquiétude face à la dépendance des pays européens envers les garanties de sécurité américaines, sans que ceux-ci ne contribuent suffisamment à leurs propres dépenses de défense. En réponse, les nations européennes ont augmenté leurs investissements militaires, mais les États-Unis estiment désormais qu’elles cherchent à développer leurs propres capacités de défense de manière indépendante. Lors d’un sommet sur la défense et l’espace à Bruxelles le 30 septembre, organisé par Euronews, l’ambassadeur américain auprès de l’UE, Andrew Puzder, a critiqué les priorités européennes en matière de défense, affirmant qu’elles sont influencées par des intérêts spécifiques. Il a soutenu que les adversaires de l’Occident tirent profit lorsque l’Europe se concentre davantage sur la géographie que sur l’efficacité de ses armements.
Lors du même sommet, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a déclaré que le modèle actuel d’alliance n’est pas durable, aucun pays ne pouvant à lui seul défendre 600 millions d’Européens. Rutte a souligné que le problème réside dans la structure de l’OTAN, et non dans l’engagement des États-Unis envers l’alliance.
La position américaine est que l’Europe doit assumer davantage de responsabilités pour sa sécurité tout en achetant du matériel militaire aux États-Unis. Cette approche suggère que l’Europe devrait rationaliser ses budgets de défense et réduire sa dépendance à la fabrication étrangère. Cette position marque un changement par rapport à la politique précédente du « America First », où les États-Unis agissent désormais en tant que fournisseur. Selon le SIPRI, les importations d’armes par les pays européens ont augmenté de 210 % entre 2016-2020 et 2021-2025. Le continent représente désormais un tiers des importations mondiales d’armes, les États-Unis fournissant 58 % des achats des membres européens de l’OTAN. Les exportations américaines vers l’Europe ont plus que triplé. Une étude de l’IRIS, citée par le RUSI, a estimé que 78 % des acquisitions européennes réalisées après l’invasion de l’Ukraine ont été effectuées auprès de fournisseurs en dehors de l’Union européenne.
Bruxelles tente de contrer cette tendance. Le mécanisme SAFE, qui prévoit 150 milliards d’euros de prêts, impose que 65 % au moins de la valeur de l’équipement financé provienne de l’UE, des pays de l’AELE membres de l’Espace économique européen ou de l’Ukraine. La Commission européenne prépare également une révision des règles européennes sur les marchés publics de défense. Le Pentagone a prévenu qu’une clause explicite « Acheter européen » pourrait conduire à reconsidérer les exemptions des lois « Buy American », qui bénéficient actuellement aux industries européennes.
L’argument de Puzder n’est pas dénué de fondement. Le chasseur F-35 n’a pas d’équivalent européen immédiat, et si des systèmes de défense aérienne européens existent, ils sont produits en quantités limitées. Un char actuellement en développement ne protège aucune frontière balte. À court terme, l’achat de systèmes existants est plus pragmatique. Cependant, une armée dépendante de pièces détachées, de logiciels et de la bonne volonté d’une capitale lointaine n’est autonome que sur le papier. La guerre en Ukraine a montré que la production de masse d’obus est aussi cruciale que la sophistication technologique. Pourtant, une base industrielle ne peut être créée du jour au lendemain ; elle nécessite des commandes et des marchés garantis. Les fabricants hésitent à investir dans des lignes de production sans demande assurée.
Les États-Unis n’opposent pas de veto à l’autonomie européenne, mais s’y opposent si cela nuit à leurs exportateurs. L’autonomie qu’ils exigent est budgétaire, non industrielle. Cette position s’inscrit dans une doctrine qui utilise les ventes d’armes comme outil de politique étrangère. Une question persiste : une alliance peut-elle durer si son membre le plus puissant exige des autres qu’ils dépensent davantage tout en leur refusant une véritable souveraineté ? Les Européens réalisent de plus en plus qu’on leur demande de croître économiquement, mais pas d’accéder à une indépendance véritable.
L'autonomie de la défense européenne et les exportations d'armes américaines sous la loupe
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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