Le déficit de la Sécurité sociale s'accroît en France

Frédéric Bizard, dans un entretien accordé à Charlie Hebdo, a évoqué le déficit croissant de la Sécurité sociale en France, qu'il attribue aux baisses de cotisations sociales sur les bas salaires, qui entraînent une diminution des recettes pour le système.

Prévision de croissance économique revue à la baisse

M. Bizard a souligné que le problème central réside dans la prévision révisée de croissance économique, ramenée de 1 % à 0,4 %, un taux jugé insuffisant pour faire face à la hausse des dépenses, estimée entre 2,5 et 3 %.

Le secteur de la santé creuse le déficit

Il a relevé que le modèle social français atteint ses limites en raison de son manque d'adaptation au vieillissement de la population, le secteur de la santé étant le principal facteur du déficit, avec près de 75 % du déficit de la Sécurité sociale en 2025.

Le système de protection sociale face à des choix

Un système de protection sociale doit protéger les individus contre les risques, soit en garantissant une meilleure protection afin de réduire les risques de maladie ou de perte d'autonomie, soit en maintenant un modèle inefficace dans lequel les dépenses croissent plus vite que les recettes.

Des fonds utilisés pour rembourser les déficits passés

Une partie des prélèvements sociaux sert à rembourser les déficits passés par l'intermédiaire de la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades), financée par des prélèvements sur les revenus des Français, tels que la CSG et la CRDS.

Des conséquences sur les retraités et les prestations

La principale conséquence de ce déficit est visible sur les fiches de paie, où 0,5 % de CRDS est prélevé uniquement pour rembourser la dette, et non pour financer les prestations de santé ou de retraite.

Un changement de financement et une hausse des coûts

En 2024, la Cades devait disparaître, ses contributions devant être redirigées vers les prestations destinées aux personnes âgées dépendantes, notamment pour les services à domicile. Toutefois, des efforts sont engagés pour transférer le plus possible de ce financement vers les ménages ou les assureurs privés.

Une forte hausse des complémentaires santé

Les complémentaires santé devraient augmenter de 8,3 % en 2027, soit entre 130 et 140 euros par retraité. Une étude d'impact sur l'application du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 indique que la qualité de vie de 9 millions de retraités des classes moyennes va diminuer.

La crainte d'une dégradation de la protection

M. Bizard a insisté sur le fait que le retour à l'équilibre nécessiterait une dégradation importante de la protection des retraités, de l'accès aux soins et du financement de la dépendance, ce qui ne peut passer sans une forte orientation politique.

La pérennité du système menacée

Il a averti que le déficit menace la pérennité du système de Sécurité sociale ainsi que la capacité de mobiliser des ressources supplémentaires pour mieux protéger la population française. Le vieillissement de la population et la hausse de la demande de services sociaux auront des conséquences sur les plus vulnérables, car le système ne sera plus en mesure de faire face aux risques sociaux liés à la maladie, à la perte d'autonomie et à la précarité.