Si votre tension artérielle est supérieure à 140/90 millimètres de mercure lors de mesures répétées au cabinet médical et/ou à 135/85 en cas de mesure à domicile, vous êtes considéré comme hypertendu, c’est-à-dire atteint d’une tension artérielle élevée. Pour ramener vos valeurs en dessous de ce seuil, plusieurs options s’offrent à vous : réduire votre consommation de sel, augmenter votre consommation de fruits et légumes, pratiquer davantage d’exercice physique, prendre des médicaments, perdre du poids si vous êtes en surpoids, arrêter de fumer et limiter votre consommation d’alcool. Bien que ces recommandations soient bien intentionnées et présentent des avantages, les appliquer parfaitement dès le départ peut s’avérer difficile. La question se pose alors : lesquelles de ces mesures faut-il privilégier en fonction de leur impact par rapport à l’effort requis ? Les médecins insistent sur le fait que si l’on vous a prescrit un ou plusieurs médicaments antihypertenseurs, c’est pour une bonne raison. En termes d’efficacité et de rapidité d’action, le traitement médical l’emporte sur les autres méthodes de contrôle de l’hypertension. Par exemple, un seul comprimé associant deux médicaments à dose moyenne peut faire baisser la pression artérielle systolique d’environ 15 mm de mercure, ce qui est significatif. Cependant, si vous souffrez d’une hypertension confirmée, surtout si vous avez plus de 50 ou 60 ans et que les changements de mode de vie nécessiteraient un effort important, il serait déraisonnable de retarder le traitement. Cela est d’autant plus vrai si votre hypertension est sévère ou si vous présentez des facteurs de risque cardiovasculaire supplémentaires, comme du diabète, un surpoids ou un taux de cholestérol élevé. Selon le Dr Émilie Vidal-Petiot, commencer le traitement tôt dans l’évolution de la maladie est plus efficace pour réduire le risque de complications. Arrêter de fumer peut réduire la pression artérielle systolique jusqu’à 5 mm de mercure et la pression diastolique de 3 mm de mercure, ce qui représente une petite avancée sur la voie du contrôle de l’hypertension, mais une avancée significative pour ceux qui ont déjà subi un accident cardiovasculaire. Bien que les effets des cigarettes électroniques sur la tension artérielle restent flous, certaines études récentes suggèrent que le vapotage pourrait augmenter la pression artérielle systolique, contrairement aux substituts nicotiniques. Prendre un médicament est souvent moins contraignant qu’on ne le pense. Selon le Dr Vidal-Petiot, le prendre le matin, juste avant de se brosser les dents, comme un rituel, réduit les risques d’oubli. Si vous oubliez occasionnellement une dose, cela n’aura pas d’incidence, mais si vous avez oublié votre traitement en partant en vacances ou pour un long week-end, il faut trouver une solution dès le deuxième jour, comme vous procurer une boîte de médicaments en pharmacie ou consulter un médecin. La mesure autonome de la tension artérielle à l’aide d’un appareil validé fait partie intégrante du contrôle de l’hypertension, selon le Dr Jean-Marc Boivin, spécialiste de l’hypertension à l’hôpital universitaire de Nancy. Idéalement, vous devriez mesurer votre tension artérielle chaque mois et au moins avant chaque visite chez le médecin pour le renouvellement de l’ordonnance et, si nécessaire, l’ajustement du traitement. Pour garantir des relevés précis, suivez des consignes spécifiques, comme mesurer en position assise, le bras posé sur une table, les deux pieds à plat sur le sol et après quelques minutes de repos. Notez les résultats sur un papier ou dans l’application gratuite SuiviHTA. Évitez de mesurer si vous avez mal à la tête, êtes fatigué ou stressé, car cela peut fausser les résultats. Le régime DASH, similaire au régime méditerranéen, s’est avéré efficace pour contrôler l’hypertension. Il est également recommandé de privilégier les aliments riches en potassium, car de nombreuses études confirment son rôle bénéfique sur les niveaux de tension artérielle. La Société française d’hypertension artérielle recommande de consommer au moins 3,5 g de potassium par jour, en privilégiant les sources alimentaires plutôt que les compléments. Pour y parvenir, incluez au moins cinq fruits et légumes par jour, des légumineuses, des produits à base de céréales complètes et des fruits secs naturels dans votre alimentation. Limiter la consommation de sel à 5 g par jour maximum est également crucial, et il est conseillé d’éviter les substituts de sel pour les personnes souffrant d’insuffisance rénale ou suivant un traitement hyperkaliémiant.