L’écart des taux d’intérêt entre la France et l’Allemagne, appelé spread, s’est creusé pour atteindre environ 140 points de base, contre moins de 90 points de base il y a un mois, selon le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin. Il a expliqué que cette hausse est due au déficit budgétaire plus important de la France par rapport aux autres pays de la zone euro et à l’incertitude politique qui a suivi le récent vote sur le budget national. Des experts s’inquiètent de ce que cela pourrait entraîner une crise de la dette en France, susceptible de se propager à d’autres pays de la zone euro, surtout si aucune majorité politique claire ne se dégage après les prochaines élections législatives qui suivront le scrutin présidentiel de 2027. Robin Brooks, économiste à la Brookings Institution, a estimé que la France est déjà en crise de la dette et s’attend à ce que la Banque centrale européenne (BCE) intervienne. Cependant, Moulin a précisé que le rôle de la BCE est de contrôler l’inflation, et non de régler les problèmes budgétaires.
Selon l’économiste Anthony Morlet-Lavidalie, de Rexecode, la BCE n’envisage pas pour l’instant d’intervenir, car l’écart des taux d’intérêt n’est pas encore suffisamment alarmant. Il a ajouté que la BCE souhaite éviter d’envoyer le message qu’elle pourrait le faire. Patrick Artus, d’Ossiam, a évoqué plusieurs possibilités, dont l’utilisation par la BCE de l’Instrument de protection de la transmission (IPT) pour soutenir le marché obligataire français en achetant de grandes quantités d’obligations sur le marché secondaire. Toutefois, la France n’est pas éligible à l’IPT, car elle est actuellement soumise à une procédure de déficit excessif. Selon un rapport du Sénat, l’IPT est destiné aux pays sans problèmes structurels majeurs de finances publiques et qui « subiraient des turbulences financières injustifiées et désordonnées ».
Carsten Brzeski, d’ING, a suggéré qu’une hausse significative des écarts de taux entre plusieurs pays de la zone euro serait un argument plus fort pour recourir à l’IPT. Cependant, la BCE pourrait d’abord mettre fin à son resserrement quantitatif et réinvestir dans les obligations arrivant à échéance, ce qui pourrait contribuer à réduire les coûts d’emprunt dans la zone euro. Le scénario le plus extrême impliquerait une instabilité politique et budgétaire en France entraînant une chute brutale de la demande pour les obligations françaises, ce qui pourrait conduire à l’activation du programme d’opérations monétaires outright (OMT). Cela nécessiterait un plan d’ajustement budgétaire sérieux, incluant des réformes structurelles majeures. Toutefois, Barclays a prévenu que ces outils ont été conçus pour des pays plus petits, et le montant nécessaire pour racheter la dette française serait colossal, faisant de la France un pays « trop grand pour faire faillite », mais aussi « trop grand pour être sauvé ».
Les inquiétudes concernant la dette de la France et le rôle potentiel de la BCE dans la stabilité de la zone euro
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
eurozonedebt-crisisecbfrancebudget-deficitfinancial-stability
Sources d'origine :
- 🇫🇷BFMTV



