Les voyagistes repensent leur empreinte carbone en mesurant leurs émissions, en fixant des priorités et en adaptant leurs itinéraires pour réduire leur impact environnemental.
Mesurer les émissions de carbone comme point de départ
Avant de concevoir un plan de réduction des émissions, les entreprises doivent d'abord mesurer leur empreinte carbone actuelle et établir une référence. Cela suppose de distinguer les émissions liées à leurs activités internes de celles générées par les services qu'elles vendent à leurs clients. Jean-Christophe Guérin, président d'ATR, souligne que des données précises sont indispensables pour éviter les hypothèses floues, même si les chiffres sont au départ approximatifs.Fixer des priorités et des objectifs mesurables
Une fois la référence établie, les entreprises doivent repérer les sources d'émissions les plus importantes et fixer des priorités. Vouloir traiter tous les problèmes à la fois peut disperser les ressources. Guérin suggère de commencer par les domaines les plus émetteurs et de se fixer des objectifs clairs et datés. Un suivi régulier d'indicateurs clés, comme les émissions liées aux voyages vendus ou la consommation d'énergie, permet de mesurer les progrès et d'aligner les efforts sur la performance économique.Concevoir des itinéraires pour réduire les émissions
Pour les entreprises du voyage, la réduction des émissions passe souvent par la manière dont elles conçoivent les séjours et conseillent leurs clients. Guérin cite l'exemple des safaris africains vendus par son entreprise, où l'allongement des séjours et l'ajout d'expériences locales permettent de réduire le nombre de vols nécessaires. Cette approche non seulement diminue les émissions, mais crée aussi davantage de valeur pour les clients. Parmi les mesures concrètes figurent la révision des itinéraires pour éviter les déplacements inutiles et la préférence pour des séjours plus longs plutôt que pour des séjours courts et fréquents.Revoir les politiques de déplacements professionnels
Les déplacements professionnels sont une activité courante dans le secteur, mais Guérin a instauré des limites strictes, n'autorisant qu'un seul déplacement professionnel par an et par salarié. Il décourage également les courts voyages à visée pédagogique, privilégiant des séjours prolongés qui permettent le télétravail. Cela réduit le besoin de déplacements supplémentaires et intègre plus efficacement les voyages professionnels et personnels.Réduire la surface de bureaux et les émissions internes
Les entreprises du voyage réduisent également leur empreinte immobilière, en passant de bureaux plus grands à des espaces plus petits et en recourant au télétravail et aux espaces de coworking. Guérin note que le passage à une énergie verte et la dématérialisation des processus ont contribué à réduire les émissions internes. Toutefois, ces changements, bien qu'utiles, restent d'une ampleur moindre que les émissions liées aux voyages vendus à leurs clients.Impliquer tous les services dans le plan carbone
Un plan de réduction des émissions ne peut reposer sur une seule personne ou un seul service. Guérin insiste sur la nécessité d'associer tous les domaines, qu'il s'agisse de la vente, de la production ou des achats. Le soutien de la direction est essentiel, et des échanges réguliers sur les émissions et les progrès aident à faire vivre la démarche de manière concrète et efficace. Désigner une personne chargée de suivre les données et de coordonner les actions garantit que le plan reste actif et aligné sur les objectifs de l'entreprise.Changements à long terme et considérations économiques plus larges
Réduire l'empreinte carbone exige plus que des changements internes ; cela implique de repenser le modèle économique et l'offre de produits. Guérin exhorte les entreprises à tenir compte d'objectifs à long terme, comme ceux fixés pour 2035 et 2050, et à anticiper l'évolution des coûts de l'énergie et du carburant. Cela passe notamment par le test d'itinéraires moins émetteurs et la promotion des voyages en Europe afin de réduire les vols long-courriers. Intégrer les émissions des clients dans le calcul est essentiel pour une démarche crédible, et ATR accompagne les entreprises qui souhaitent mettre en œuvre ces changements.