Construire une stratégie efficace de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) commence par examiner l’entreprise dans son ensemble. Si des actions comme changer les ampoules, supprimer les bouteilles en plastique, sensibiliser les équipes ou calculer l’empreinte carbone sont importantes, le vrai défi consiste à intégrer ces initiatives dans le fonctionnement global de l’entreprise. Dans le secteur du tourisme, des thèmes comme les conditions de travail, l’inclusion, les relations avec les fournisseurs et les territoires, l’impact environnemental, l’engagement des salariés, la gouvernance ou encore la transparence sont autant de dimensions pertinentes qui dépassent les seules préoccupations écologiques. La reprise du travail est un bon moment pour réévaluer et envisager une approche structurée de la RSE, plutôt que d’ajouter simplement de nouvelles actions.
Une stratégie RSE structurée commence par la définition de la mission et de la raison d’être de l’entreprise. Avant de se concentrer sur l’empreinte carbone ou la réduction des déchets, il faut d’abord répondre à la question : pourquoi l’entreprise existe-t-elle ? Cette réflexion permet de définir le rôle de l’entreprise, le type de tourisme qu’elle promeut, la manière dont ses activités contribuent au territoire, et la façon dont ses offres répondent aux évolutions environnementales et sociales. Ce processus permet également de vérifier la cohérence entre ce que l’entreprise prétend faire et ce qu’elle propose réellement. Une fois la raison d’être définie, elle peut être incarnée au quotidien, et l’entreprise peut même devenir une « entreprise à mission » au sens de la loi PACTE de 2019, si elle intègre les enjeux sociaux et environnementaux dans ses statuts et adapte en conséquence son fonctionnement.
Une démarche RSE crédible passe par la transparence, tant en interne qu’en externe. Cela implique de rendre accessibles des informations importantes, comme les salaires, la gouvernance, les choix de fournisseurs, les pratiques commerciales ou les engagements de l’entreprise. En interne, cela peut passer par la co-rédaction d’une charte avec les équipes sur des sujets comme le harcèlement, les discriminations, la neutralité, le droit à la déconnexion, les rémunérations ou les informations financières. En externe, un rapport RSE est un bon moyen de partager ces informations de manière transparente. La transparence inclut aussi la reconnaissance des axes d’amélioration, et non seulement la mise en avant des progrès. Pour éviter le greenwashing, des pistes sont proposées dans l’article « Greenwashing : comment communiquer de manière responsable et éviter les fausses promesses dans le tourisme ? » (février 2026).
La RSE implique de comprendre les attentes et les impacts des différents acteurs concernés : salariés, clients, fournisseurs, partenaires, habitants, associations et collectivités locales. Cartographier ces parties prenantes et identifier les enjeux prioritaires à travers une matrice de matérialité RSE peut s’avérer utile. Dans le tourisme, cela peut prendre des formes concrètes comme échanger avec les acteurs locaux avant de développer de nouvelles activités, recueillir les retours des voyageurs, collaborer avec des associations locales, associer les salariés aux décisions ou revoir les critères de sélection des fournisseurs. L’objectif est de passer d’une approche RSE « pour » les parties prenantes à une approche construite « avec » elles.
La RSE comprend une dimension sociale qui touche à l’égalité, à la diversité, à l’équité et à l’inclusion. Cela implique de garantir des droits et des opportunités égales pour tous, notamment en matière de recrutement, de rémunération et d’évolution professionnelle. L’équité consiste à prendre en compte les différentes situations et besoins pour offrir les mêmes chances à chacun. La diversité vise à représenter une variété de profils au sein de l’entreprise, tandis que l’inclusion consiste à créer un environnement où chacun peut participer et être respecté. Dans le tourisme, cela concerne aussi bien les salariés que les voyageurs. L’accessibilité des hébergements, des sites touristiques, des transports et des activités est essentielle pour les clients, tandis qu’en interne, cela passe par la mise en place de processus de recrutement limitant les discriminations, l’aménagement des postes pour les personnes en situation de handicap, l’égalité salariale et l’accès facilité à la formation.
L’engagement des salariés est essentiel pour une démarche RSE solide. Cela peut passer par la sensibilisation aux enjeux sociaux et environnementaux, l’engagement associatif, le mécénat de compétences ou l’implication des équipes dans la définition de la stratégie RSE. Dans un secteur où la qualité de l’expérience client dépend largement des équipes, leur mobilisation peut devenir un véritable moteur de transformation. Donner aux salariés les moyens de comprendre, proposer et agir est idéal.
La qualité de vie au travail et le bien-être des salariés sont des aspects importants de la RSE, particulièrement dans le secteur du tourisme, marqué par la saisonnalité, les horaires irréguliers, les emplois physiques et les périodes d’activité intense. La prévention des risques professionnels, qu’ils soient physiques ou psychosociaux, est primordiale. Cela inclut la lutte contre les troubles musculo-squelettiques, la fatigue, le stress, la charge de travail, les conflits, le harcèlement, l’isolement ou l’épuisement professionnel. La qualité de vie au travail passe aussi par des postes de travail ergonomiques, des espaces de pause agréables, une bonne qualité de l’air, un éclairage naturel, la végétalisation des espaces ou la réduction des nuisances sonores. La santé mentale mérite une attention particulière, avec la formation des managers à la prévention des risques, la sensibilisation des équipes, l’offre de soutien en cas de difficulté et la création d’un cadre propice à l’expression des problèmes. Le score d’engagement des salariés (Employee Net Promoter Score) peut être utilisé pour vérifier que tout fonctionne et correspond aux attentes des équipes.
L’impact environnemental est un thème central de la RSE. Les défis sont nombreux : émissions de CO₂, biodiversité, pratiques numériques, achats responsables, cycle de vie des produits ou éco-conception. Pour les professionnels du tourisme, la première étape consiste à identifier les impacts les plus significatifs avant de multiplier les petites actions. Changer les ampoules est utile, mais si une part importante de l’empreinte de l’entreprise provient des déplacements des clients, ce sujet mérite une attention particulière. Des pistes sont proposées dans l’article « Tourisme et climat : 5 actions concrètes pour réduire l’empreinte carbone de votre entreprise » (août 2026).
La philanthropie peut faire partie d’une stratégie RSE. Elle peut prendre diverses formes : dons financiers, mécénat de compétences, mise à disposition de ressources, partenariats avec des associations ou mobilisation des salariés et/ou des clients. Elle peut aussi concerner les voyageurs, par exemple en arrondissant le montant des réservations au profit d’associations ou en reversant une partie des bénéfices à des projets locaux. Cependant, il est important de ne pas confondre contribution et réduction des impacts. Une entreprise qui finance un projet de protection des océans doit continuer à travailler sur sa propre consommation, ses émissions, ses achats ou ses pratiques. La philanthropie peut compléter une stratégie RSE, mais elle ne doit pas servir à éviter de questionner ses propres impacts.
Une stratégie RSE est une trajectoire qui se construit progressivement, en fonction des défis propres à chaque entreprise. Il est essentiel de savoir où l’entreprise veut aller, de définir des priorités, d’impliquer les équipes, de mesurer les progrès et d’ajuster régulièrement la trajectoire. Sans objectifs ni indicateurs, une démarche RSE risque de rester au stade des bonnes intentions. Quelques indicateurs pertinents, directement liés aux priorités, et suivis dans le temps, sont plus utiles qu’un grand nombre de chiffres. Les labels et certifications comme Clef Verte, ATR - Agir pour un Tourisme Responsable, Travelife, ISO 14001, Engagé RSE ou B Corp peuvent offrir un cadre supplémentaire, des critères précis et parfois un regard externe sur les pratiques de l’entreprise.
Les huit questions fondamentales à se poser pour structurer une démarche RSE sont : 1. Mission et raison d’être : pourquoi existez-vous ? 2. Éthique et transparence : jouez-vous cartes sur table ? 3. Parties prenantes : avez-vous pensé à tout le monde ? 4. Égalité, diversité, équité et inclusion : votre tourisme est-il accessible à tous ? 5. Engagement des salariés : vos équipes sont-elles impliquées ? 6. Qualité de vie au travail : prenez-vous soin de vos salariés ? 7. Empreinte environnementale : quels sont vos principaux impacts ? 8. Philanthropie : comment contribuez-vous à votre territoire ?
Huit questions fondamentales pour élaborer une stratégie structurée de responsabilité sociétale des entreprises dans le tourisme
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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Sources d'origine :
- 🇫🇷TourMaG



