Trois jours de débats dans les lycées, annoncés de manière abrupte, ne recueillent pas l’unanimité parmi les syndicats. Cette initiative, qui impose aux élèves et au personnel éducatif de s’engager dans des discussions sur une courte période, suscite des critiques de la part de plusieurs syndicats de l’éducation. Les rapports font état de craintes liées à un manque de préparation, à un caractère superficiel perçu et à une confusion concernant le transfert de responsabilités. Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du SNPDEN-UNSA, a qualifié ces annonces d’« irréalisables et irresponsibles », affirmant que les personnels rejettent la mise en œuvre d’une directive « improvisée et ambiguë » qui place les établissements et leurs équipes dans « une grande difficulté ». Le syndicat FSU-PERDIR a exigé le retrait immédiat de la directive et un retour au calme fondé sur des « réponses concrètes aux revendications des lycéens ». De son côté, la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques a reconnu l’importance de donner la parole aux élèves, mais a souligné que leur demander d’organiser ces discussions « du jour au lendemain » ne tient pas compte de la réalité de leur travail ni de la diversité des situations. Le SNec-CFTC a également rejeté l’initiative, la qualifiant d’« un autre grand oral de l’école, suivi de comptes-rendus et de consultations sans suite ». Le terme « grand oral » désigne l’épreuve orale de prise de parole en public que les lycéens français doivent passer dans le cadre de leur cursus. Le ministère de l’Éducation nationale a lancé une consultation en ligne, accessible sur la plateforme gouvernementale Agora jusqu’au 23 octobre 2026. Cette consultation vise à recueillir les avis et propositions sur l’enseignement au lycée, ouverte à tous les participants. Si cette initiative permet d’élargir la prise de parole, il reste à voir comment les contributions recueillies seront prises en compte et quelles suites concrètes seront données. La réaction des syndicats laisse entendre que le succès de telles initiatives dépendra d’une communication claire, d’une préparation adéquate et d’une mise en œuvre porteuse de sens.