La saison de pêche à la coquille Saint-Jacques en Normandie a officiellement débuté jeudi, mais certains pêcheurs ont décidé de ne pas prendre la mer en raison de la hausse des prix du carburant, selon l’Organisation des pêcheurs de Normandie (OPN). L’organisation représente près de la moitié des bateaux de pêche de la région, mais beaucoup s’inquiètent du temps nécessaire pour pêcher et de son impact sur leur consommation de carburant. Le 1er octobre, Mathieu Vimard, directeur adjoint de l’OPN, a indiqué que certains bateaux ont choisi de rester à quai avec leur cargaison, incertains de la durée nécessaire pour atteindre leur quota de coquilles. Quentin Gourville, capitaine du Granvillais, a souligné que le prix du gazole marin est passé d’environ 1 euro à près de 1,20 euro, ce qui pèse lourdement sur le budget des flottilles, d’autant plus que la consommation quotidienne varie entre 800 litres et une tonne. La coquille Saint-Jacques représente la espèce la plus lucrative pour la pêche normande, et sa population est actuellement en excellent état. Pourtant, les inquiétudes économiques persistent. Loïc Marguerie, capitaine du Daniel Auguste, a expliqué que si le prix de la coquille tombe sous les 2,80 euros, il sera très difficile d’équilibrer les comptes. Certains pêcheurs attendent de pêcher dans la baie de Seine en novembre, plus près des côtes. Selon Marguerie, les aides de l’État, qui couvrent 70 % des coûts supplémentaires de carburant, arrivent avec retard : celles prévues pour avril-mai ont été versées en septembre. Les pêcheurs préféreraient des subventions directes à la pompe plutôt que des remboursements tardifs, car cela perturbe leur comptabilité et le versement des salaires en fin de mois. Pour faire face à ces défis, les pêcheurs ont réduit leurs activités, certains équipages comptant désormais trois marins au lieu de cinq, comme le rapporte ICI Normandie. Malgré ces difficultés, la majorité des bateaux sont actuellement en mer, selon Vimard. Gourville a insisté sur le fait qu’ils n’ont pas le choix : ils doivent sortir pêcher, après cinq mois sans activité, pour relancer leur entreprise, dont la seule activité est la pêche à la coquille. Entre coûts élevés du carburant et prix fluctuants sur le marché, le secteur reste sous tension, même au démarrage de la saison.