Les villes thermales des Pyrénées-Orientales font face à des risques économiques et sanitaires, une réforme proposée transférant le remboursement des cures aux assurances privées.
Les stations thermales s'opposent au transfert des remboursements
Les stations thermales des Pyrénées-Orientales s'inquiètent d'un projet de changement qui transférerait le remboursement des soins thermaux de la Sécurité sociale vers les compagnies d'assurance privées. Cette réforme, qui fait partie du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, pourrait toucher cinq villes thermales de la région.La réforme vise à transférer le financement
La réforme, annoncée par la ministre de la Santé Stéphanie Rist le 8 octobre, transférerait 200 millions d'euros de dépenses liées aux soins thermaux vers les compagnies d'assurance privées. Or, ces compagnies ne sont actuellement pas tenues de couvrir de tels soins, ce qui soulève des inquiétudes quant à l'accès et à l'accessibilité financière.Un impact économique sur les communes locales
Dans le Vallespir, où se trouvent trois des cinq stations thermales des Pyrénées-Orientales, le secteur thermal fait vivre environ 1 500 emplois directs et indirects. La présence des curistes profite également aux commerces locaux, notamment aux hébergeurs, aux restaurateurs et aux commerçants, et contribue à l'économie des petites communes.Élus locaux et sénateurs se mobilisent
Les sénatrices et sénateurs Lauriane Josende et Jean Sol, qui représentent les Pyrénées-Orientales, s'opposent activement à la réforme. Ils ont rejoint un mouvement de mobilisation plus large, qui réunit près de 60 sénateurs issus de 42 départements thermaux, lesquels ont signé une motion appelant à renoncer au transfert du remboursement.Inquiétudes sur l'accès aux soins et l'impact sur les territoires
La motion signée par les sénateurs met en garde contre des risques pour « l'égalité d'accès aux soins » et pour l'avenir de territoires de vie entiers. Lauriane Josende a insisté sur la nécessité d'une concertation et sur l'importance d'attendre les conclusions de la Haute Autorité de santé avant de revoir les règles de remboursement.La Région considère les soins thermaux comme un soin essentiel
La Région Occitanie, dirigée par la présidente Carole Delga, s'oppose à la réforme et souligne que plus de 148 000 patients de la région ont suivi une cure conventionnelle en 2025. Le thermalisme génère également plus de 460 millions d'euros de retombées économiques, en particulier dans les zones rurales où se trouvent 90 % des stations thermales françaises.Une mobilisation précédente a conduit à un changement de politique
Le sujet avait déjà suscité une mobilisation à l'automne 2025, lors de l'examen du budget de la Sécurité sociale de l'époque. Le gouvernement avait alors renoncé à une mesure similaire, et les opposants au projet actuel espèrent obtenir le même résultat. Le Sénat commencera l'examen du PLFSS 2027 le 9 novembre, une nouvelle échéance pour les défenseurs du thermalisme.