Un débat important sur l’intelligence artificielle s’est tenu vendredi 25 septembre 2026 au stade Vélodrome de Marseille, réunissant plusieurs candidats et représentants de l’élection présidentielle. Les échanges ont porté sur un large éventail de sujets, dont l’administration publique, les retraites, l’assurance-vie et les centres de données, mettant en lumière les décisions politiques qui façonnent l’avenir de l’IA. Laurent Marcangeli, président du groupe Horizons & Indépendants, a indiqué que la France ne participe pas à une course mondiale pour développer de grands agents conversationnels, comme les chatbots ou les assistants virtuels, préférant se concentrer sur la robotique, l’IA dans le domaine de la santé et la défense. À l’inverse, Paul Midy, député Renaissance, a estimé que la France pourrait viser à devenir un leader en IA avec un investissement de 30 milliards d’euros, citant le projet Mistral et faisant référence au financement de 30 milliards de dollars obtenu par Anthropic. Le débat sur le rôle de l’IA dans l’administration publique et l’économie a révélé des divergences sur l’utilisation des gains de productivité. Sarah Knafo, députée européenne Reconquête, a proposé d’utiliser l’IA pour réduire les coûts administratifs et éviter de remplacer 800 000 agents publics attendus à la retraite. Midy a suggéré un plan de départs volontaires pour 100 000 fonctionnaires. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a évoqué la notion de « dividende IA », proposant que la richesse générée par l’automatisation soit redistribuée à la collectivité, bien que la méthode exacte de prélèvement de ce dividende reste à définir. Manuel Bompard, député LFI, a plaidé pour un investissement public massif dans l’IA, évoquant plusieurs dizaines de milliards d’euros de dépenses et un recours à la banque publique. Alexandre Loubet, député RN, a proposé la création d’un fonds souverain français auquel les particuliers pourraient souscrire volontairement, dans le but d’orienter davantage l’épargne privée vers des investissements nationaux. Paul Midy a également suggéré de développer des systèmes de retraite par capitalisation pour constituer des masses de capitaux comparables à celles des fonds de pension américains, reconnaissant que cela prendrait une génération et nécessiterait des fonds publics pendant la transition. La discussion a également abordé la gestion des centres de données. Bompard a proposé un moratoire sur les centres de données non souverains jusqu’à ce que des capacités contrôlées soient développées. Loubet a critiqué l’arrivée de projets de capitaux étrangers, estimant que la mobilisation de l’électricité française profite à des valeurs économiques ailleurs. Xavier Bertrand a souligné la nécessité d’imposer des conditions aux investisseurs étrangers, garantissant le contrôle français sur les données et les infrastructures. David Cormand, député européen écologiste, a insisté sur l’importance de maîtriser non seulement les infrastructures, mais aussi les logiciels et les données, soulignant que les entreprises européennes dépendantes de services étrangers pourraient rencontrer des difficultés pour migrer leurs données et former leurs équipes. Il a interrogé le moment où une innovation devient un véritable progrès sociétal, rappelant qu’une innovation n’est pas nécessairement un progrès. Ce débat a révélé l’absence de consensus sur le rôle de l’IA dans la création d’emplois, les investissements économiques et la souveraineté, avec des visions divergentes sur la gestion des gains, les technologies à privilégier et l’équilibre entre innovation et impact sociétal.