Les employés manifestent devant le bâtiment de Mamoudzou

Plus de 100 employés se sont rassemblés lundi sous l'auvent du bâtiment du Conseil départemental à Mamoudzou pour dénoncer des locaux inadaptés, des difficultés matérielles et des promesses non tenues concernant la future cité administrative de Coconi. Les employés, issus de services qui tentent de continuer à fonctionner malgré le manque de locaux, d'équipements et de visibilité sur leur avenir, ont répondu à l'appel de l'intersyndicale pour cette première journée de grève illimitée, décidée à l'issue d'une assemblée générale le 13 octobre.

Le projet de cité administrative de Coconi au cœur des revendications

Le principal point de discorde de cette mobilisation concerne la construction de la cité administrative de Coconi, attendue depuis plusieurs années. Pour l'intersyndicale, il ne s'agit pas simplement de disposer de nouveaux bureaux, mais de regrouper les services dans un lieu adapté, capable de répondre aux besoins du personnel et d'améliorer le fonctionnement de la collectivité. Le projet aurait déjà fait l'objet d'un travail préparatoire important, et des plans seraient même disponibles.

Les détails du bâtiment envisagé

Le bâtiment imaginé devait notamment comprendre une crèche, des services à la personne, une salle de sport et des espaces de repos. Des moyens budgétaires avaient été annoncés pour la période 2025-2027, avec un démarrage des travaux en août 2026. À la fin du mois d'octobre 2026, les employés affirment ne constater aucune avancée sur le terrain et demandent que les fonds nécessaires soient inscrits au budget 2027.

Les conséquences sur les compétences de la collectivité

Pour Saïd Hachim, membre de la CFDT et représentant de l'intersyndicale, le retard du projet a également des conséquences sur les compétences de la collectivité. Il affirme que certains agents qualifiés, ayant participé aux travaux préparatoires, ont depuis quitté le Département pour rejoindre d'autres structures.

Tensions au travail et problèmes de management

Les employés évoquent également des tensions au quotidien dans les services, notamment la pression exercée par la hiérarchie et des situations de harcèlement. Pour l'intersyndicale, ce malaise provient aussi de l'organisation des services. Selon elle, des personnes expérimentées et investies se retrouvent parfois mises à l'écart ou confrontées à des décisions qu'elles ne comprennent pas, alors que les responsabilités et les promotions ne sont pas toujours attribuées en fonction des compétences.

Appels au soutien et à la responsabilité

Saïd Hachim affirme que les syndicats ont alerté l'exécutif et déposé une plainte auprès du procureur de la République au sujet de ces questions, mais qu'aucune réponse n'a été apportée. Ces difficultés ont, selon les employés, des répercussions sur leur vie personnelle et leur santé. Ils réclament donc un soutien social plus concret, avec une aide financière dédiée aux agents en difficulté. Une simple orientation vers une assistante sociale ne suffit pas toujours, affirment-ils, lorsque les problèmes persistent une fois rentrés chez eux.

Demande d'engagements et mobilisations possibles

L'intersyndicale souhaite des engagements concrets, notamment une rencontre avec des responsables capables de prendre des engagements afin d'obtenir des réponses précises, en particulier sur le calendrier de la cité administrative et les moyens nécessaires à l'amélioration des conditions de travail. En attendant, le mouvement doit gagner en ampleur, et les employés pourraient descendre dans la rue dès mardi. Le parcours de la manifestation devait être soumis à la mairie et à la préfecture.