Olechky, ville ukrainienne sous occupation russe, connaît des conditions dramatiques : risque de famine et manque de produits de première nécessité, poussant à des appels internationaux à l'aide et à une trêve.
Olechky assiégée et isolée
Olechky, une ville proche de Kherson, sur la rive orientale du Dniepr, est coupée du monde extérieur depuis son occupation par les forces russes en 2022. La ville est désormais totalement isolée, sans accès à la nourriture ni aux fournitures médicales, et ses habitants luttent pour survivre à l'hiver rigoureux.Des conditions de vie dramatiques
Myroslava Kharchenko, avocate de l'ONG Save Ukraine, a averti le Washington Post que les habitants restants d'Olechky vont mourir de faim et ne survivront pas à l'hiver. Depuis le 26 mai, aucun approvisionnement alimentaire n'a pu atteindre la ville par la route, désormais minée et surveillée par des drones des deux camps.La survie au quotidien
Les familles d'Olechky survivent grâce aux conserves, aux légumes du jardin et même aux escargots. La ville manque de gaz, d'électricité et d'eau potable, et l'hôpital est à court de médicaments. Des survivants signalent également que des soldats russes, eux-mêmes affamés, les menacent pour leur voler de la nourriture. Même les 4 tonnes de vivres larguées par des drones ukrainiens à la fin de septembre n'ont pas suffi à répondre aux besoins de la population.Appels internationaux à l'aide
La situation alarmante à Olechky a attiré l'attention internationale. Le 16 octobre, le pape Léon XIV a appelé Vladimir Poutine au cours d'une conversation téléphonique et a demandé une trêve afin d'acheminer de la nourriture et des médicaments et d'évacuer les civils, selon le Washington Post.Une grève de la faim qui suscite la solidarité
Quatre jours plus tard, la responsable politique italienne Pina Picierno, vice-présidente du Parlement européen, a annoncé qu'elle entamerait une grève de la faim pour attirer l'attention sur la crise. Elle a déclaré à la chaîne de médias russophone Current Time qu'elle ne pouvait pas accepter cette « indifférence générale » envers des personnes menacées de famine. Plus de 500 personnes l'ont rejointe, parmi lesquelles un ancien diplomate italien, des journalistes et des militants.Estimations de la population en danger
Selon la Mission de surveillance des droits de l'homme des Nations unies en Ukraine, environ 1 700 personnes se trouvent actuellement à Olechky, principalement des personnes âgées, des personnes handicapées et une cinquantaine d'enfants. Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a avancé le même chiffre, tandis que Dmytro Lubinets, médiateur ukrainien pour les droits de l'homme auprès du Parlement, estime qu'environ 2 000 habitants demeurent dans la ville, et qu'environ 6 000 personnes, dont 200 enfants, restent à Olechky et dans les environs.Négociations en vue d'une trêve
Dmytro Lubinets a déclaré à la chaîne d'information ukrainienne Espreso que Kiev et Moscou négocient une trêve locale afin d'évacuer directement les civils vers le territoire ukrainien, sans passer par le contrôle russe ou biélorusse. Il est toutefois difficile de vérifier ces estimations, en raison du manque d'accès à l'information sous occupation russe.L'Ukraine défie Trump, et l'implication de la Chine
Outre la crise humanitaire, l'Ukraine défie l'ancien président Donald Trump en menant d'intenses campagnes de bombardements en Russie. Selon des déclarations récentes, des soldats chinois combattraient également aux côtés des forces ukrainiennes. Trump a affirmé qu'Elon Musk avait levé les restrictions pesant sur le réseau de satellites Starshield en Ukraine, ce qui pourrait aider le pays dans ses efforts de défense.