La France modernise son artillerie avec drones, IA et systèmes avancés pour se préparer aux guerres futures de haute intensité et s'adapter à l'évolution des menaces sur le champ de bataille.
Modernisation de l'artillerie française en cours
L'artillerie française connaît une transformation majeure afin de se préparer à la guerre moderne, qui comprend les conflits de haute intensité, la montée en puissance des drones et l'accroissement de la létalité sur le champ de bataille. Le général Frédéric Jordan, commandant de l'École d'artillerie, a souligné que l'artillerie jouera désormais un rôle opérationnel plus important, en contribuant à un effort plus large de modernisation de l'armée de Terre, dont l'objectif est de disposer d'un corps d'armée pleinement opérationnel d'ici 2030.Nouvelles munitions à longue portée introduites
Un élément clé de la modernisation est l'introduction de nouvelles munitions téléopérées à longue portée baptisées Durandal, qui seront livrées au 1er régiment d'artillerie de Belfort au second semestre 2027. Des munitions téléopérées à moyenne portée (MTO-MP) devraient également être fournies aux brigades interarmes, renforçant la souplesse et la portée de l'artillerie dans les scénarios de combat.Extension de l'usage des drones et des systèmes VTOL
L'artillerie française élargit son recours aux drones, le 61e régiment d'artillerie devant être équipé de drones AR3 avant 2027, suivis de drones AR5. Le plan prévoit jusqu'à 70 systèmes VTOL (à décollage et atterrissage verticaux), chacun pouvant emporter différents types de charges, qui appuieront diverses opérations militaires et besoins logistiques.La défense aérienne devient une priorité
La défense aérienne constitue un axe majeur, avec l'intégration de radars G1X sur châssis V3P et la modernisation du système sol-air très courte portée PAMELA avec le V3P Vampire. Le 54e régiment d'artillerie est actuellement le seul régiment d'artillerie sol-air, mais le 17e régiment d'artillerie devrait devenir le second d'ici 2027, avec des sections antidrones supplémentaires prévues pour toutes les batteries sol-air.Détachements d'action dans la profondeur en phase de test
Les détachements d'action dans la profondeur (DAP) sont testés dans plusieurs régiments, dont le 1er régiment d'artillerie et le 35e régiment d'artillerie parachutiste. Ces détachements utilisent des drones expérimentaux Noctua 200 pour repérer des cibles de haute valeur sur de vastes zones et transmettre les informations aux unités chargées de les détruire, ce qui renforce la précision et l'efficacité au combat.Évolutions doctrinales et intégration à l'OTAN
La modernisation comprend de nouvelles évolutions doctrinales, avec une doctrine publiée qui distingue l'artillerie à longue portée généraliste de l'artillerie à longue portée spécialisée (LAD). Ces évolutions sont élaborées en collaboration avec plusieurs organismes militaires et industriels, dont le Commandement du futur et la Section technique de l'armée de Terre, l'intégration à l'OTAN étant également considérée comme un facteur essentiel.Capacité de frappe à longue portée en approche
La capacité de frappe à longue portée devrait devenir opérationnelle en 2029-2030 avec le système THUNDART, développé par MBDA et Safran. D'ici 2035, les 54e et 17e régiments d'artillerie seront dotés de batteries supplémentaires, dont des systèmes MISTRAL 3, et intégrés à la 19e brigade d'artillerie, ce qui renforcera leur capacité de combat et leur puissance de feu.Améliorations des capteurs et intégration de l'IA
Les capteurs sont au cœur des opérations de contre-batterie, le radar COBRA faisant l'objet d'une modernisation à mi-vie. Le radar GM200 MM/C de Thales Nederland doit remplacer le COBRA, avec une version 3D prévue. L'artillerie française explore également l'intelligence artificielle pour améliorer la gestion de l'information et son rôle dans un système de « kill web », tandis que la robotique est testée pour la logistique et le déploiement de capteurs.Planification future de l'artillerie et armements avancés
Des travaux prospectifs sur l'artillerie au-delà de 2040 sont déjà engagés, avec un premier rapport attendu début 2027. L'artillerie française envisage de nouvelles armes comme le BONUS Mk2 et l'obus KATANA, qui pourraient étendre sa portée au-delà des capacités actuelles. Des recherches sont également en cours sur les armes électromagnétiques et laser, ainsi que sur les missiles balistiques qui pourraient dépasser la portée de 500 km l'an prochain avec le système Durandal.