Les populations d’oiseaux en Suisse présentent des tendances variées : certaines espèces prospèrent grâce aux efforts de conservation et au changement climatique, tandis que d’autres déclinent. À l’échelle européenne, les populations d’oiseaux sont en baisse, mais la Suisse a vu plusieurs espèces s’adapter à de nouvelles conditions. Par exemple, le vautour percnoptère, généralement présent en Méditerranée, a établi une quinzaine de couples nicheurs en Suisse depuis 2012. Cette augmentation est probablement liée au réchauffement climatique et à la disponibilité des reptiles comme source de nourriture. De même, des flamants roses ont été observés dans le canton d’Argovie à l’automne 2025, bien qu’ils ne devraient pas s’y installer de manière permanente. Plusieurs espèces sensibles au froid étendent leur aire de répartition vers le nord en raison du réchauffement climatique. La bouscarle de Cetti, auparavant cantonnée au bassin du Tessin, a désormais été repérée dans le canton de Genève. Quant à la rousserolle effarvatte, elle a battu un record avec 25 à 27 territoires occupés en 2025. L’aigrette garzette, autrefois chassée pour ses plumes, a fait un retour remarqué grâce aux mesures de protection, avec davantage d’observations en Suisse entre octobre et mars. Le gypaète barbu, disparu à cause de l’homme par le passé, est revenu grâce à un projet de réintroduction lancé dans les années 1980. En 2025, 35 couples nicheurs ont été recensés dans les Alpes suisses, soit le double du nombre enregistré en 2017. Les efforts de conservation ont également profité à des espèces comme l’ortolan, dont la population a chuté de 80 % depuis les années 1990, ou la perdrix rouge, qui a bénéficié de la création de jachères fleuries. Le corbeau freux et la tourterelle turque se sont bien adaptés aux milieux urbains, les couples nicheurs de corbeau freux en ville dépassant désormais ceux des zones rurales. La population de perdrix rouge en Suisse a augmenté depuis les années 1990, en partie grâce à l’amélioration de la qualité de l’eau, qui lui permet de trouver les algues dont elle se nourrit. D’autres espèces introduites, comme le cygne trompette, voient leurs effectifs progresser grâce à l’abondance de nourriture et aux hivers plus doux. Des îles artificielles ont permis de stabiliser les populations de sterne, en déclin après les modifications des cours d’eau. La population de mouette rieuse dépend de mesures de protection, notamment la sauvegarde des nids dans les zones agricoles. En 2026, la cigogne noire a niché en Suisse pour la première fois depuis 120 ans, avec trois jeunes ayant survécu à la saison. Le balbuzard pêcheur, réintroduit en 2015, a connu sa première nidification réussie en Suisse en 2026. Le grand cormoran et le harle bièvre font l’objet de critiques en raison de leur impact sur les milieux aquatiques. La population de harle bièvre comptait entre 700 et 900 couples nicheurs en 2025. Selon l’Indice suisse des oiseaux nicheurs, 99 des 180 espèces d’oiseaux nicheurs en Suisse sont en augmentation, les rapaces profitant notamment des mesures de protection. Cependant, 21 espèces exotiques se sont installées en Suisse, certaines représentant une menace pour la biodiversité locale. L’Agence européenne pour l’environnement indique que 65 % des espèces étudiées affichent une évolution plus positive en Suisse qu’en Europe, bien que cette tendance masque le déclin de certaines espèces indigènes.