Le Baromètre de l’avifaune française 2026, publié par l’association environnementale française LPO, compile les données de 45 000 personnes, amateurs et professionnels confondus, pour suivre l’évolution des populations d’oiseaux en France. Selon ce rapport, 45 espèces d’oiseaux se sont installées en France au cours des cinquante dernières années, tandis que quatre ont disparu. Ce bilan, à la fois positif et négatif, reflète à la fois les efforts de conservation menés avec succès et les défis persistants. Les résultats soulignent l’impact de la loi de 1976 sur la protection de la nature, qui a permis à certaines espèces de se rétablir, mais cette loi est aujourd’hui menacée d’affaiblissement. Le rapport relève également que la moitié des nouvelles espèces sont exotiques ou introduites, ce qui suscite des inquiétudes quant à leur impact écologique. Laurent Couzy, responsable des services de connaissance à la LPO, a indiqué que si la loi de 1976 a conduit à la création de réserves naturelles et favorisé le retour de certains oiseaux, les espèces nichant au sol dans les zones agricoles continuent de décliner. Le changement climatique joue un rôle dans certaines des tendances observées, mais ses effets ne sont pas toujours directs. Par exemple, des espèces méridionales comme la fauvette à tête rousse et l’alouette calandre voient leurs populations diminuer malgré des températures plus douces, probablement en raison de la transformation de leurs habitats et d’autres pressions environnementales. Le rapport met aussi en avant la résilience de certaines espèces, comme la bouscarle de Cetti et le bruant des roseaux, qui se portent bien grâce à des hivers plus cléments et à des besoins en habitats plus flexibles. Les prochaines éditions du baromètre se concentreront sur des groupes d’oiseaux spécifiques, comme ceux vivant dans les marais et les roselières, avec pour objectif d’améliorer la diversité des oiseaux nichant au sol dans les futurs rapports. Bien qu’il existe un système coordonné de suivi des oiseaux en Europe, une analyse complète des grandes tendances au niveau européen n’a pas encore été réalisée.