Trois ans après le 7 octobre

Trois ans se sont écoulés depuis le 7 octobre, une date qui marque un événement tragique de l'histoire récente. Cette période a vu la mise en place d'abris temporaires et diverses cérémonies commémoratives, mais la question de la manière dont l'histoire retiendra finalement cette période reste ouverte.

Le langage peine à saisir l'événement

Des termes comme « méga-pogrom », « massacre » ou « attaque » sont employés pour décrire la tragédie, mais le langage peine à rendre pleinement la profondeur et l'ampleur de l'événement. L'article Le silence au bout du tunnel est d'abord paru sur Causeur, soulignant la difficulté à exprimer toute l'étendue de ce qui s'est produit.

Un regard sur 350 femmes israéliennes

À partir de décembre 2023, l'auteure a ressenti le besoin urgent d'attirer l'attention sur le sort de 350 femmes israéliennes violées, torturées et tuées sous le regard des caméras GoPro de leurs agresseurs. Cette démarche visait à mettre en lumière les souffrances de ces victimes, jusque-là oubliées ou ignorées.

La publication d'un livre éprouvant

Le livre Jusqu'à sentir battre leur cœur a été publié le 1er octobre 2025. L'auteure décrit l'écriture comme une épreuve et sa publication comme un combat d'un an, sans relâche. Elle exprime sa gratitude envers son éditeur, Laurent Nunez, et ses « anges gardiens » pour le miracle de cette publication dans les circonstances actuelles.

Des recherches sur l'histoire des femmes juives

L'auteure a échangé avec un grand-père rescapé de la Shoah, ce qui l'a conduite à étudier le sort des femmes juives lors des pogroms de Galicie, entre 1917 et 1921. Ces recherches ont révélé la mise en scène systématique de leurs tortures dans des lieux publics, établissant un parallèle avec les événements en Israël.

Reprendre le terme « génocide »

Le terme « génocide » a été détourné de sa définition et adopté par les porte-parole du Hamas dès le 10 octobre 2023. De nombreux médias leur ont emboîté le pas, désignant les terroristes du Hamas comme des « combattants de la résistance » ou des « militants ». L'auteure s'est sentie obligée de rétablir la vérité en écrivant sur les événements tels qu'ils ont eu lieu.

Rétablir la vérité sans parti pris

L'auteure souligne que rétablir la vérité ne signifie pas prendre parti. Le texte s'adresse à chacun, au-delà des clivages et des préjugés, et met en lumière la souffrance des femmes israéliennes comme palestiniennes. L'auteure note que le sort des femmes assassinées le 7 octobre, ainsi que de celles prises en otage, est présent tout au long du texte.

Le féminicide comme arme

Le féminicide reste l'arme la plus facile et la moins coûteuse pour l'ennemi, et aussi la plus efficace, car elle détruit un peuple sur plusieurs générations. En France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint, ce qui témoigne de la persistance des violences fondées sur le genre.

Au-delà du récit manichéen

L'auteure rappelle que toutes les victimes du 7 octobre n'étaient pas israéliennes et/ou juives. Il y a 20 % d'Arabes (Palestiniens, Druzes...) dans ce petit melting-pot, pas plus grand que la Bretagne. Cette observation dépasse le récit simpliste d'une bataille entre le Bien et le Mal, entre des victimes musulmanes et des bourreaux sionistes.

Les noms et les visages des victimes

Toutes ces femmes avaient un prénom, un visage et une famille. Celles qui sont revenues de l'enfer et ont trouvé le courage de témoigner devant les plus hautes instances internationales n'ont reçu que l'indifférence ou le mépris, ce qui témoigne du manque de reconnaissance de leurs souffrances.

L'humanité dans le tunnel de l'inconnu

Trois ans après la tragédie, l'auteure estime que l'humanité tout entière « est entrée dans le tunnel de l'inconnu ». Elle cite une phrase glaçante prononcée par un porte-parole du Hamas le centième jour de la captivité des otages à Gaza, phrase qui revient comme un leitmotiv dans le livre.

La manipulation par les islamistes radicaux et l'IA

L'auteure fait remarquer que l'humanité est piétinée à la fois par les islamistes radicaux et par les sorciers de l'IA. Les premiers utilisent les technologies des seconds pour manipuler les émotions des foules avec une facilité déconcertante, réécrivant l'histoire sous les yeux de tous.

Éveiller l'empathie par l'écriture

Quand personne ne veut voir ni ne peut voir, le seul espoir reste d'éveiller l'empathie. L'auteure pense que le travail de l'écrivain intervient ici, et que le langage prend tout son sens lorsqu'il transmet la vérité et suscite la compassion.

Un livre pour deux amies

L'auteure évoque une dame qui a acheté deux exemplaires du livre : l'un pour sa meilleure amie, juive, qui se sent seule, incomprise et dévastée depuis le 7 octobre, et l'autre pour elle-même, catholique, car elle veut comprendre ce que ressent son amie.

Un accueil favorable au livre

Le livre Jusqu'à sentir battre leur cœur a reçu de bonnes critiques, notamment de Raphaël Enthoven, qui le qualifie de « beau livre à mettre entre toutes les mains », et de Lilia Hassaine, qui l'a choisi comme meilleur livre de 2025 sur France Inter. Yaël Scemama, rédactrice en chef d'ActuJ, le considère comme « le récit le plus complet et le plus saisissant écrit sur les violences sexuelles commises par le Hamas le 7 octobre 2023 ».

Le silence des médias et des institutions

Toutefois, l'auteure reconnaît que ni ces femmes ni elle-même n'ont encore réussi à se faire entendre. Depuis décembre 2023, l'auteure s'est consacrée corps et âme à leur élever un tombeau, et depuis la publication du livre, elle a dû le porter sans relâche pour le rendre visible.

Le silence des médias nationaux et juifs

L'auteure constate un silence des médias nationaux, des médias de la communauté juive, des journalistes, ainsi que d'autres lieux culturels et structures juives représentatives en France. En Israël, elle nourrit de bons espoirs, mais il est encore trop tôt pour le dire.

Une remise d'exemplaire au Sénat

Au Sénat, il y a un an, lors d'un symposium international organisé par ELNET, l'auteure a pu remettre en mains propres un exemplaire à la juge Nava Ben Or, l'une des initiatrices du projet Dinah, qui vise à faire évoluer le droit international afin de repenser le discours sur les violences sexuelles liées aux conflits mondiaux.

Rencontre avec une mère endeuillée

L'auteure a également rencontré la mère de Shani Louk, otage enlevée puis assassinée, lors d'une journée de commémoration organisée par le Collectif 7 octobre à Paris. Elle lui a offert le livre, où figurent le nom de sa fille ainsi que celui de Daniel Sharabi, qui a sauvé des dizaines de civils avec l'aide de son frère pendant le massacre.

Allumer des bougies pour les victimes

Tout au long du récit, le destin du peuple juif se reflète dans la lueur vacillante d'une flamme, depuis la bougie de Shabbat sauvée des cendres de la Seconde Guerre mondiale par le grand-père de l'auteure, jusqu'à la bougie du souvenir. L'auteure estime que chaque fois qu'un lecteur ouvre Jusqu'à sentir battre leur cœur, 350 bougies s'allument, autant de flammes, autant de femmes, qui ne doivent jamais cesser d'éclairer nos cœurs, nos consciences, et de nous rappeler notre humanité.