L'IA déchiffre des lettres chiffrées vieilles de plusieurs siècles et des textes fragiles, révélant de nouvelles connaissances historiques en quelques minutes plutôt qu'en plusieurs années.
L'IA déchiffre une lettre de Napoléon vieille de 200 ans
Une lettre rédigée en 1809 à l'un des généraux de Napoléon, restée indéchiffrée pendant plus de deux siècles, a été décodée par intelligence artificielle en seulement six heures. La lettre décrivait les positions des troupes françaises et alliées et a ensuite été publiée dans une archive universitaire en ligne. Sans l'IA, la tâche aurait pu prendre des semaines, mais un modèle développé par OpenAI, l'entreprise à l'origine de ChatGPT, l'a accomplie rapidement.L'IA révèle les textes de papyrus anciens
L'IA aide également à lire les papyrus carbonisés de la cité romaine antique d'Herculanum, préservée par l'éruption du Vésuve en 79 apr. J.-C. Ces rouleaux sont trop fragiles pour être déroulés sans risquer de les détruire. Les chercheurs les numérisent donc aux rayons X et utilisent l'IA pour reconstituer l'écriture. En juin, une équipe a annoncé le premier déroulement virtuel complet d'un papyrus de la Bibliothèque nationale de Naples, révélant un traité stoïcien sur l'éthique.Un projet français s'attaque aux textes anciens chiffrés
En France, l'Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria) mène un projet intitulé « Back in time ». Cette initiative réunit historiens, cryptographes et spécialistes de l'IA afin de créer un outil capable de transcrire et de déchiffrer des documents anciens chiffrés. Il s'agit notamment de messages diplomatiques et militaires écrits à l'aide de symboles tels que des triangles et des cercles, restés non lus pendant des siècles et conservés dans des archives européennes.L'IA élargit l'échelle de la recherche historique
Le projet « Back in time » vise à améliorer la capacité de l'IA à traiter les textes historiques et à offrir un regard plus approfondi sur le passé. L'IA transforme aussi l'échelle de la recherche historique, comme le montre le projet Midrash. Mené par l'École pratique des hautes études-PSL, ce projet utilise l'IA pour transcrire des millions de pages de manuscrits, créant de vastes bases de données consultables sur la culture juive. L'une des directrices du projet a décrit cette collection comme un « énorme Facebook du passé ».L'IA fait apparaître des liens historiques cachés
Les textes transcrits sont intégrés à de grandes bases de données, ce qui permet aux historiens d'effectuer des recherches dans des collections auparavant inaccessibles. Cette méthode a permis de rassembler des fragments de la Genizah du Caire, un ensemble mondial de manuscrits juifs. Elle est également utilisée dans le projet e-NDP, où l'IA a transcrit 14 600 pages de registres médiévaux en latin provenant de Notre-Dame de Paris. Ce travail a révélé des détails sur le fonctionnement quotidien de la cathédrale, sur son personnel et sur la prise en charge des enfants abandonnés. Julie Claustre, qui dirige le projet, estime qu'une réalisation manuelle aurait pris « des dizaines d'années ». L'automatisation, selon elle, « rend possibles des investigations qui ne l'étaient pas auparavant, transformant les conditions de la recherche ».