Le livre Le gène qui ne voulait pas mourir de Jean-David Zeitoun remet en question l’idée reçue selon laquelle les traits familiaux seraient déterminés uniquement par la génétique. L’ouvrage s’ouvre sur les histoires de trois patients — Olivier, Élodie et Anthony — chacun confronté à des maladies héréditaires comme l’hémochromatose, la maladie de Crohn et le cancer colorectal. Zeitoun utilise ces cas concrets pour interroger l’influence réelle de nos gènes sur nos vies, soulignant que l’hérédité ne se limite pas à l’ADN. Il met en avant le rôle tout aussi déterminant des comportements, de l’environnement et de la culture dans la transmission des caractéristiques d’une génération à l’autre. L’auteur passe au crible des méthodes scientifiques couramment employées, comme les études sur les jumeaux ou les études d’association pangénomique (GWAS), qu’il juge réductrices face à la complexité de l’hérédité. Pour lui, si l’ADN est un facteur essentiel, il n’est pas le seul à façonner notre identité. Il affirme ainsi que « nos parents nous donnent bien plus que la moitié de leurs chromosomes », rappelant que l’environnement et les expériences personnelles contribuent également à forger qui nous sommes. Le gène qui ne voulait pas mourir a été salué pour sa capacité à rendre accessibles des concepts scientifiques complexes au grand public. Certains critiques relèvent toutefois que le ton de l’ouvrage devient plus polémique à mesure qu’il avance, notamment lorsqu’il aborde le rôle de la médecine et les limites du déterminisme génétique. L’œuvre de Zeitoun propose finalement une vision de l’hérédité non pas comme une fatalité, mais comme une exploration permanente des interactions entre biologie et vécu pour façonner nos existences. Cette approche invite le lecteur à repenser l’idée selon laquelle nos gènes seuls dicteraient notre santé, nos comportements ou notre identité. En mettant en lumière l’influence de l’environnement et de la culture, l’auteur encourage une vision plus nuancée de l’hérédité, dépassant le cadre traditionnel de la génétique. Le livre se présente ainsi comme une analyse scientifique autant que comme une réflexion philosophique sur ce qui nous constitue à travers notre passé.