Chaque année en France, plus de 200 personnes en détention perdent la vie, que ce soit par suicide, maladie ou pour des raisons qui restent inexpliquées. Ces décès sont souvent entourés de secret par l’Administration pénitentiaire, qui ne partage pas toujours des informations détaillées avec les familles. Ce manque de transparence suscite l’inquiétude de certains proches, qui estiment que cela rend le processus de deuil plus difficile. Inès, dont le frère Azal est décédé le 27 septembre 2025 au centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis, raconte comment le personnel de la prison a tenté de joindre sa mère sans avoir son numéro. Lorsqu’ils y sont enfin parvenus, ils ne lui ont pas demandé si elle était accompagnée. Plus tard dans la soirée, Inès a retrouvé sa mère couverte d’ecchymoses, après s’être infligé des blessures. Lors d’une visite en cellule avec ses proches en décembre, Inès a accusé le personnel pénitentiaire d’avoir annoncé la nouvelle de manière froide et insensible.
Selon le rapport annuel 2025 du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), environ 250 personnes meurent chaque année en détention, dont plus de la moitié par suicide. Le rapport souligne également une augmentation des plaintes pour décès en détention, passant de 11 en 2023 à 15 en 2024, et à une vingtaine en 2025. Dominique Simonnot, du CGLPL, admet que l’Administration pénitentiaire retarde souvent l’information des familles sur le décès d’un proche. L’Observatoire international des prisons – section française (OIP-SF) a relevé que, si l’Administration publie régulièrement des données sur la population carcérale, elle ne fournit aucune information sur les décès. Dans un avis publié au Journal officiel en septembre 2026, le CGLPL a souligné que les données sur les décès ne sont pas systématiquement enregistrées ni rendues publiques, ce qui entrave la compréhension de l’ampleur des décès en détention.
Pour tenter de répondre à certaines difficultés rencontrées par les détenus, certaines prisons en France testent des casques de réalité virtuelle (VR) pour les personnes en isolement. Cependant, l’efficacité et les implications éthiques de cette technologie restent débattues. Roch-Étienne Noto, ancien infirmier en milieu carcéral, a fondé en 2006 le Collectif des morts en prison en hommage aux personnes décédées derrière les barreaux. Inspiré par la mort d’un jeune homme, il cherche à sensibiliser l’opinion publique sur ce sujet. Pourtant, la collecte de données précises s’avère difficile, les médias se concentrant souvent sur les suicides plutôt que sur d’autres causes de décès. Michel, de l’association Ban public, met en garde : le nombre de suicides en prison aurait été délibérément omis des rapports annuels, ce qui suggère un choix administratif et politique d’éviter d’aborder la question.
La famille de Jawad Zaouiya, un jeune homme de 20 ans mort dans l’incendie de sa cellule en 1996, milite depuis longtemps pour obtenir justice. Son père avait été informé du décès par téléphone, le directeur de la prison affirmant que Jawad n’avait pas souffert et était tombé dans le coma. La famille a ensuite porté plainte et, avec le soutien de l’OIP-SF, obtenu une condamnation pour négligence. Inès, qui a perdu son frère Azal des suites d’une crise dans sa cellule, a également engagé des poursuites contre l’État. Elle a retrouvé une vidéo sur le téléphone d’Azal où il exprimait sa peur de l’isolement. Depuis, elle utilise les réseaux sociaux pour sensibiliser l’opinion. De même, Salah Zaouiya a fondé l’association FLIDD (Familles luttant contre l’insécurité et les décès en détention) pour soutenir d’autres familles. Il sillonne la France pour rencontrer les proches des victimes, mais beaucoup déclarent se sentir abandonnés, sans accompagnement psychologique ni orientation. Le silence qui entoure les décès en détention persiste, laissant de nombreuses familles livrées à leur chagrin sans soutien adapté.
Des décès en garde à vue française suscitent des inquiétudes quant à la transparence et au soutien aux familles
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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Sources d'origine :
- 🇫🇷Slate.fr



