En 2024, plus de 11,7 millions de points ont été retirés du permis de conduire des automobilistes français, en grande partie à cause des radars automatiques. Selon l’Institut national de la sécurité routière (ONISR), ces radars ont dressé 13,9 millions d’avis de contravention cette année-là, dont près de 70 % concernaient des excès de vitesse mineurs, inférieurs à 20 km/h. Ces systèmes peinent souvent à identifier le conducteur, notamment les motards, ce qui leur permet plus facilement de contester les infractions relevées par cette technologie. Les motards recourent de plus en plus à des sites spécialisés, à l’intelligence artificielle ou à des avocats pour contester ces amendes. Antoine Regley, avocat spécialisé en droit routier, explique qu’en théorie, un motard ne peut pas être condamné s’il conteste l’infraction. Il rappelle n’avoir vu que deux cas en quinze ans où des motards ont été condamnés après contestation, et ce uniquement grâce à des preuves supplémentaires comme des données de géolocalisation ou des vêtements correspondants. Un lecteur verbalisé pour un excès de vitesse mineur au guidon de sa moto a utilisé l’IA pour rédiger une lettre de contestation, en s’appuyant sur un seul article du Code de la route, l’article L121-3. Cette lettre a permis de classer l’affaire sans suite et d’obtenir le remboursement de la consignation de 135 euros. La Direction générale de la police nationale (DGPN) a indiqué que le titulaire de la carte grise est responsable financièrement de l’amende en raison de l’impossibilité de prouver l’identité du conducteur. Toutefois, la DGPN a également précisé qu’il est courant de convoquer les personnes au commissariat pour identifier le conducteur ou la personne ayant eu les clés du véhicule. Regley souligne que si les contestations ne sont pas classées sans suite, les individus peuvent être convoqués au commissariat, où ils ont le droit de garder le silence. Il ajoute que, en l’absence de possibilité d’identifier la personne, les autorités doivent prononcer un non-lieu. Malgré ces pratiques, la Fédération française des motards en colère (FFMC) met en garde contre une contestation systématique des règles, même si elle s’oppose aux radars automatiques, qu’elle juge avant tout générateurs de recettes. Elle insiste sur l’importance de la responsabilité individuelle et de l’acceptation des erreurs lorsqu’elles surviennent. Cependant, Regley met en garde : contester des amendes via l’IA ou des sites spécialisés n’est pas toujours efficace, notamment en cas d’excès de vitesse importants, où un interrogatoire est probable. Dans ces situations, il recommande de se faire représenter par un avocat.