Un chaos s’est installé mardi lors d’une réunion du conseil municipal de Grenoble, en France, lorsque des élus du groupe politique La France insoumise (LFI) et des policiers municipaux en sont venus aux mains. L’affrontement s’est produit en marge de la séance et a impliqué des autocollants en soutien à la Palestine, que les élus de LFI avaient apportés à l’événement. Ces derniers s’opposent de longue date à un accord de jumelage existant entre Grenoble et la ville israélienne de Rehovot. Si la municipalité affirme que cet accord est effectivement suspendu depuis plusieurs années, les responsables de LFI contestent cette version. Selon la mairie, les élus de LFI auraient tenté de « forcer le passage » vers la salle du conseil, ce qui aurait conduit à une confrontation où les policiers municipaux auraient été « victimes de violences et d’insultes commises par des élus », comme l’indique un communiqué officiel. Cependant, Allan Brunon, responsable de LFI au conseil municipal de Grenoble, a déclaré que ses collègues avaient été « poussés », « saisis à la gorge » et que leurs « ordinateurs avaient été jetés par terre ». Le parquet de Grenoble a confirmé qu’une enquête sur l’incident avait été ouverte. Les deux parties ont porté plainte. Cinq plaintes ont été déposées par des policiers municipaux pour violences présumées contre des élus, tandis que plusieurs responsables de LFI prévoient également de déposer les leurs. Laurence Ruffin, la maire de Grenoble, membre du parti Les Écologistes, a indiqué que les policiers n’avaient pas utilisé d’armes et a souligné que la suspension de la séance du conseil était un événement sans précédent. Elle a qualifié l’incident de « particulièrement grave » et s’est dite préoccupée par des actes qui sapent les processus démocratiques. Allan Brunon a rejeté les accusations de violences envers les policiers, les qualifiant d’« agressives » et suggérant que ces incidents étaient le résultat d’un manque de contrôle de la part de la maire sur ce qu’il a appelé sa « milice municipale ». Il a également mentionné qu’un de ses collègues avait subi une entorse au poignet et que trois élus avaient dû être hospitalisés. De leur côté, cinq policiers ont porté plainte, dont trois ont également été hospitalisés. L’incident a suscité des appels à la démission de la maire, Clément Chappet, membre de l’opposition Les Républicains, affirmant qu’une « ligne rouge » avait été franchie. Il a accusé la maire d’être « coresponsable du chaos ». En réponse, Laurence Ruffin a évoqué une « dérive » et indiqué qu’elle ne souhaitait pas « collaborer avec des personnes pouvant recourir à la violence dans leurs méthodes ». Elle a insisté sur le fait que le conseil municipal devait rester un espace démocratique de discussion, mais que les méthodes employées devaient respecter les principes démocratiques. La séance a été reportée au lundi 5 octobre après avoir été suspendue en fin de matinée. En plus des blessures signalées, LFI a annoncé que Kenza Doukhi, conseillère municipale, avait subi une entorse et serait en arrêt de travail jusqu’au 20 octobre. Allan Brunon a également été examiné par un médecin, qui a relevé des douleurs à l’avant-bras ainsi qu’une dent cassée. Cet incident s’inscrit dans une série de polémiques impliquant des responsables de LFI, dont une précédente situation où un DJ avait dû quitter la scène après une manifestation d’activistes pro-palestiniens et la réponse de LFI à un appel au boycott. Par ailleurs, une vidéo d’Allan Brunon avait été diffusée sur les réseaux sociaux, dans laquelle il menaçait et insultait un commerçant avec une insulte homophobe, pour laquelle il s’est ensuite excusé.