L'Europe retient 46 nouveaux projets miniers

La Commission européenne a retenu 46 nouveaux projets industriels axés sur les terres rares et les minerais critiques, dans le cadre de sa stratégie visant à sécuriser ses approvisionnements et à réduire sa dépendance à la Chine. Ces projets sont répartis dans 16 États membres et s'inscrivent dans le cadre du règlement européen sur les matières premières critiques, entré en vigueur en mai 2024.

Soutien aux entreprises sélectionnées

Les entreprises retenues bénéficieront d'un accompagnement administratif renforcé et d'un accès facilité aux mécanismes de financement. Elles ne recevront toutefois pas automatiquement de subventions et devront encore obtenir les autorisations nécessaires, lever des capitaux et décrocher des engagements de clients pour avancer.

Inquiétudes croissantes face à la dépendance vis-à-vis de la Chine

Le moment choisi pour cette annonce met en lumière les inquiétudes grandissantes concernant la dépendance de l'Europe aux matières premières chinoises, en particulier dans les secteurs de l'automobile, des technologies bas carbone, de l'aérospatiale et de la défense. Pékin a imposé des restrictions sur certains approvisionnements, ce qui accroît les craintes des dirigeants de l'industrie européenne quant à d'éventuelles perturbations des chaînes d'approvisionnement.

Les objectifs de l'UE en matière de matières premières

Le règlement fixe des objectifs précis à l'Union européenne : atteindre, d'ici 2030, des capacités d'extraction équivalant à au moins 10 % de sa consommation annuelle de matières premières stratégiques. Les capacités de transformation visent 40 %, et celles de recyclage 25 %. L'UE souhaite également éviter qu'un seul pays tiers fournisse plus de 65 % de sa consommation d'une matière stratégique à une étape de transformation donnée.

Une diversité de projets

La priorité européenne ne consiste pas seulement à ouvrir de nouvelles mines. Parmi les 46 projets retenus, huit concernent l'extraction, onze se concentrent sur la transformation et dix-neuf sur le recyclage. Huit autres sont intégrés à plusieurs étapes de production. Les projets couvrent 15 des 17 matières premières stratégiques identifiées par le règlement, parmi lesquelles le nickel, le cobalt, le manganèse, le graphite, le magnésium, le tungstène et les terres rares.

Des procédures d'autorisation accélérées

Le statut stratégique des projets permet un traitement plus rapide des demandes d'autorisation et un accès à l'aide de points de contact uniques dans les États membres. Les procédures d'autorisation pour les projets d'extraction ne devraient pas dépasser 27 mois, tandis que les autres projets ne devraient pas prendre plus de 15 mois. Ils doivent néanmoins respecter les réglementations environnementales et sociales.

Relier l'offre et la demande

La Commission entend mettre en relation les producteurs de minerais, les entreprises de transformation et les industries susceptibles d'acheter leurs matériaux. Le mécanisme européen de mise en relation de l'offre et de la demande a déjà généré plus de 30 démarches concernant 10 matières premières. Toutefois, les 21,1 milliards d'euros mentionnés dans l'annonce ne constituent pas un budget déjà alloué, mais un montant total estimé d'investissements nécessaires pour rendre les projets opérationnels.

Des défis financiers persistants

Depuis le lancement du plan RESourceEU, plus de 2 milliards d'euros de soutien financier ont été mobilisés. Certains industriels estiment cependant que ce mécanisme ne suffit pas à faire face aux risques financiers en jeu. Vingt-trois des 60 projets retenus l'année précédente ont demandé un soutien supplémentaire à Bruxelles. Le cas de Viridian Lithium illustre les limites de la reconnaissance européenne : l'entreprise a été placée en liquidation judiciaire malgré l'obtention du statut stratégique en 2025.

Les projets à venir pour les matières premières

La Commission prépare un Centre européen des matières premières critiques destiné à renforcer la coordination des investissements, des achats et d'éventuels stocks stratégiques. Ce centre fournira également un soutien financier sous forme de subventions, de prêts, de garanties et de prises de participation. Ces mécanismes sont encore en cours d'organisation et ne représentent pas d'engagements financiers précis envers les projets retenus. Bruxelles entend également poursuivre ses partenariats avec des fournisseurs extérieurs et encourager la recherche de matériaux de substitution.