L'AfD dévoile un plan de réforme de l'UE de 14 pages, prônant une « Europe des nations » avec des compétences européennes réduites et une souveraineté nationale renforcée.
Le plan de l'AfD pour restructurer l'UE
L'Alternative pour l'Allemagne (AfD) a publié un plan de 14 pages détaillant la manière dont elle restructurerait l'Union européenne si elle obtenait une majorité « patriotique et de droite » au Parlement européen en 2029. Ce plan, élaboré par le groupe parlementaire de l'AfD au sein du groupe Europe des nations et des libertés (ESN), prévoit une « Europe des nations » dotée de compétences réduites pour l'UE, qui se concentreraient sur des domaines tels que le marché intérieur, les frontières extérieures, la défense et la recherche.Réduction du pouvoir décisionnel de l'UE
L'AfD propose de mettre fin à l'élection directe du Parlement européen et de transférer le pouvoir de décision au Conseil européen. Dans ce scénario, la Commission européenne serait réduite à un organe administratif. Le parti souhaite également supprimer ou « dégraisser » de nombreuses directives européennes, et réduire fortement le budget de l'UE ainsi que sa structure administrative. L'Allemagne ne jouerait plus le rôle de garant financier de l'UE.Protection de la souveraineté nationale
Le plan de l'AfD met l'accent sur le droit de retrait, ou « opt-out », afin de protéger la souveraineté nationale dans des domaines tels que la migration, l'asile et la défense. L'Allemagne recourrait à ce mécanisme pour éviter les politiques qu'elle juge néfastes, comme la répartition des demandeurs d'asile ou les politiques sociales supranationales. Le plan comprend également des réformes du système de l'euro, notamment le rétablissement des critères de stabilité du traité de Maastricht et le lien entre les droits de vote de la BCE et le poids financier de chaque pays.Limitation des compétences de l'UE
L'AfD veut restreindre les pouvoirs de l'UE aux domaines où une « valeur ajoutée commune » est évidente, comme la protection des frontières, le marché intérieur et la sécurité. Elle s'oppose à toute ingérence de l'UE dans les questions sociales ou culturelles nationales et rejette l'utilisation des fonds européens pour financer des réseaux politiques ou des ONG. Le parti appelle également à un retour aux monnaies nationales et s'oppose aux monnaies numériques de banque centrale (MNBC).Inscrire le mécanisme d'opt-out dans le droit
Le plan propose d'inscrire le mécanisme d'« opt-out » dans les traités européens, afin que les réserves nationales deviennent juridiquement contraignantes et ne puissent pas être modifiées par la Commission européenne. Il suggère également de transformer la Cour de justice de l'Union européenne en une cour d'arbitrage, dont le rôle serait limité aux questions de droit de l'UE clairement définies.Souveraineté financière et projets à venir
Le plan de l'AfD comprend une feuille de route pour l'indépendance financière, préconisant un budget européen plus réduit, la fin de la redistribution automatique et le recours au capital privé et à des alliances plutôt qu'à la dette publique. Il promeut un système monétaire centré sur la protection des avoirs individuels et la discipline monétaire. Le parti suggère également d'organiser un référendum sur l'appartenance à l'UE si les négociations échouent, bien qu'il n'ait pas explicitement appelé à quitter la zone euro. Ce plan marque une évolution par rapport à l'idée antérieure du parti de quitter l'UE, au profit d'une transformation de l'intérieur.