La France débat de la délivrance à l'unité des antibiotiques dans le cadre du PLFSS 2027, face à l'opposition liée aux coûts et aux difficultés pratiques.
Le projet de PLFSS 2027 relance le débat sur la délivrance des antibiotiques à l'unité
Le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2027 a ravivé les discussions sur la délivrance à l'unité des antibiotiques, un dispositif qui obligerait les pharmaciens à ne délivrer que le nombre exact d'unités prescrites pour des traitements antibiotiques spécifiques. Cela pourrait impliquer d'ouvrir les conditionnements industriels afin de fournir le nombre précis de comprimés ou de doses nécessaires à la totalité du traitement.Les inquiétudes économiques de la Cour des comptes
La Cour des comptes a soulevé des préoccupations économiques, estimant que l'incidence sur les dépenses de santé serait minime, compte tenu des coûts auxquels les pharmaciens devraient faire face pour mettre en œuvre ce système. Le rapport souligne également que la charge financière pesant sur les officines pourrait dépasser les bénéfices potentiels.Le syndicat des pharmaciens s'oppose à la mesure
Le Union des syndicats de pharmaciens d'officine (USPO), représenté par son président Pierre-Olivier Variot, s'oppose à la délivrance à l'unité et met en garde contre les difficultés opérationnelles et économiques qu'elle entraînerait pour les officines. Le syndicat rappelle les préoccupations déjà exprimées en mars 2025, notamment les difficultés de traçabilité des médicaments, les coûts de reconditionnement et la nécessité de documents supplémentaires ainsi que d'un conditionnement sécurisé.L'USPO qualifie le dispositif de « gadget »
L'USPO critique la délivrance à l'unité, qu'elle juge être un « gadget » n'ayant pas fait l'objet d'une évaluation suffisante. Tout en reconnaissant l'importance de la lutte contre la résistance aux antibiotiques, le syndicat estime que cette mesure ne devrait pas être généralisée sans preuve de son efficacité ni prise en compte de son impact économique et organisationnel.La FSPF s'oppose également à la délivrance à l'unité
La Fédération des syndicats de pharmaciens de France (FSPF), représentée par son président Fabrice Camaioni, s'oppose à la délivrance à l'unité, qu'elle qualifie de « fausse bonne idée ». La FSPF privilégie à la place l'adaptation des conditionnements afin de mieux correspondre aux prescriptions et le respect des recommandations médicales.L'USPO propose des mesures alternatives
Plutôt que d'imposer le déconditionnement des antibiotiques, l'USPO suggère trois axes de travail : réévaluer le nombre d'unités contenues dans les conditionnements industriels avec l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), créer un groupe de travail pour améliorer la communication entre médecins et pharmaciens, et renforcer l'information des patients afin de mieux respecter la durée des traitements prescrits.L'USPO plaide pour un usage ciblé
L'USPO soutient une stratégie fondée sur le bon usage des antibiotiques et sur l'adaptation des pratiques, plutôt que sur l'application stricte de la délivrance à l'unité. Le syndicat avait auparavant accepté que ce système ne soit utilisé que dans des situations précises de santé publique, comme les ruptures d'approvisionnement ou pour les médicaments à haut risque, et il privilégie une approche plus souple afin de réduire le gaspillage.Le PLFSS 2027 vise à encadrer l'usage des antibiotiques
L'article 28 du projet de PLFSS 2027 vise à réduire le recours inutile aux antibiotiques et à garantir la disponibilité des médicaments essentiels, en instaurant une compensation financière pour les médicaments à faibles ventes. Le texte permet également d'encadrer certaines prescriptions d'antibiotiques en téléconsultation, dans le but de concilier les objectifs de santé publique avec la faisabilité de leur mise en œuvre.