Mélenchon présente une proposition de budget pour 2027

Jean-Luc Mélenchon, chef du mouvement La France insoumise (LFI), a présenté un « budget correctif » pour 2027 lors d'une conférence de presse. Il propose 106,4 milliards d'euros de recettes supplémentaires et 81,7 milliards d'euros de nouvelles dépenses. Le budget vise à réduire le déficit public de 25 milliards d'euros sans provoquer de récession de l'activité économique.

Critique des politiques économiques passées

Mélenchon a décrit cette proposition comme une réponse à la « culture dominante » du « néolibéralisme ». Il accuse les anciens présidents Macron, Hollande et Sarkozy, ainsi que le président actuel, d'avoir orchestré « l'appauvrissement systématique et organisé de l'État ». Il a souligné que le budget comprendrait 25 milliards d'euros consacrés à la réduction de la dette, conformément à un rapport d'économistes présenté à Bercy.

Principales mesures de dépenses

Le budget prévoit des mesures visant à augmenter la valeur du point d'indice des fonctionnaires (17 milliards d'euros), à indexer toutes les pensions et prestations sociales, et à augmenter les APL de 10 % (8 milliards d'euros). Il propose également un revenu garanti pour les jeunes en formation, équivalent au seuil de pauvreté (9,5 milliards d'euros), la création de 10 000 postes dans l'Éducation nationale (500 millions d'euros) et la gratuité des repas scolaires (3,6 milliards d'euros).

Dépenses supplémentaires dans les domaines social et de la santé

Des dépenses supplémentaires couvriraient également un plan d'urgence pour les hôpitaux, avec la création de 10 000 postes (3 milliards d'euros), un plan pour mettre fin au sans-abrisme (3 milliards d'euros), ainsi que le rétablissement des budgets des ministères à leur niveau de 2017 et leur indexation sur l'inflation (7 milliards d'euros). 10 milliards d'euros seront alloués au renforcement des moyens de lutte contre le changement climatique et ses conséquences.

Annulation des réformes récentes

La suppression de la réforme des retraites de 2023, qui ramènerait l'âge légal de départ à 62 ans, coûterait 9 milliards d'euros, tandis que l'annulation des réformes précédentes ayant réduit les allocations chômage coûterait 3 milliards d'euros.

Sources de recettes proposées

Du côté des recettes, le budget propose un « impôt climatique sur la fortune », estimé à 10 milliards d'euros, la suppression du prélèvement forfaitaire unique (9 milliards d'euros), la « taxe Zucman » sur les ménages dont le patrimoine net dépasse 100 millions d'euros (15 milliards d'euros), un impôt sur les successions (20 milliards d'euros), et la réduction des niches fiscales (22 milliards d'euros).

Autres mesures financières

Des recettes supplémentaires proviendraient également de la taxation des rachats d'actions et des transactions financières (respectivement 2,5 et 5 milliards d'euros), des cryptomonnaies (1 milliard d'euros), ainsi que d'une réforme de l'impôt sur les sociétés visant à le rendre plus progressif, qui devrait rapporter 3 milliards d'euros. La part de la CVAE supprimée par le passé serait rétablie, la taxe GAFAM serait portée à 15 %, et une taxe sur les superprofits entrerait en vigueur.

Soutien de la commission des finances de LFI

Eric Coquerel, président de la commission des finances de LFI à l'Assemblée nationale, a affirmé que le budget proposé injecterait plus de 81 milliards d'euros dans l'économie, permettant ainsi une réduction de 25 milliards d'euros du déficit, ce qui serait meilleur que le plan du gouvernement.

Approche économique et projets à venir

Mélenchon a insisté sur le fait que le budget suivrait une approche de « rationalité économique » plutôt que de dogmatisme, avec pour objectif d'être crédible et consensuel. Le budget ramènerait le déficit public à 5 % du PIB d'ici la fin de 2027, en cohérence avec les projets du gouvernement actuel. La France insoumise devrait présenter son programme présidentiel complet en novembre, les estimations financières devant être finalisées au début de 2027.