Simulation d'un ancien glissement de terrain

Une simulation d'un glissement de terrain survenu en 563 apr. J.-C. sur le lac Léman suggère qu'une vague a atteint l'extrémité du lac 70 minutes après le début de l'événement. Elle pourrait avoir été provoquée par l'effondrement d'un pan de montagne près de l'embouchure du Rhône.

Tsunami d'eau douce sur un lac

Cet événement, décrit comme un tsunami d'eau douce, est surprenant pour un lac. Un tsunami est une vague créée par le déplacement soudain d'une grande masse, comme des sédiments glissant sous l'eau, et non nécessairement par un séisme sous-marin.

La taille du Léman et l'événement historique

Le Léman, plus grand lac d'Europe occidentale, est suffisamment vaste pour avoir connu un tel événement. Un glissement de terrain en 563 apr. J.-C. a provoqué une vague de 8 mètres à Genève, laissant une trace sous la forme d'une couche de boue au fond du lac.

Témoignages historiques et datation au carbone 14

Deux évêques, Marius d'Avenches et Grégoire de Tours, ont consigné l'événement dans leurs écrits. Ils décrivent une vague qui a détruit des villages, des moulins et le pont de Genève, tuant des personnes et du bétail. La datation au carbone 14 situe l'événement entre 381 et 612 apr. J.-C., ce qui correspond aux récits des évêques.

L'étude du fond du lac par les géologues

Trois géologues de l'Université de Genève ont exploré le fond du Léman et découvert une immense couche de boue de 250 millions de mètres cubes. Ce dépôt est bien plus important que la sédimentation lacustre ordinaire et suggère un événement exceptionnel.

Datation au carbone 14 et concordance historique

La datation au carbone 14 de matières biologiques prélevées dans cette couche situe l'événement entre 381 et 612 apr. J.-C. L'année 563 est le seul grand événement connu pour cette période, ce qui concorde avec les témoignages des deux évêques.

Mécanisme du glissement et origine de la vague

Selon l'explication des géologues, les roches pourraient être tombées sur le delta du Rhône, le déstabilisant et provoquant un glissement dans le lac. Ce glissement, plutôt que la chute des blocs, aurait pu soulever l'eau et créer la vague.

Simulation de la propagation de la vague

Un modèle numérique simule la propagation de la vague. Il montre une vague de 13 mètres frappant le rivage de Lausanne après 15 minutes. La vague s'affaiblit en remontant l'étroite extrémité du lac, atteignant 8 mètres à Genève 70 minutes après le début du glissement.

Population actuelle et risque

Aujourd'hui, au moins 1 million de personnes vivent le long du Léman, contre une population bien plus réduite au VIe siècle. Les mêmes rives accueillent désormais des villes entières, ce qui accroît l'impact potentiel d'un événement similaire.

Glissements historiques et risque futur

Une étude de 2015 indique que le Léman a connu plusieurs glissements majeurs par le passé, dont celui de 563 apr. J.-C. Toutefois, les auteurs de l'étude de 2012 n'ont pas quantifié le risque d'un nouvel épisode.