Les films d'horreur exploitent notre attention limitée pour cacher des monstres, et suscitent la peur par ce que nous ne parvenons pas à voir.
Les films d'horreur jouent sur des ressorts psychologiques
La psychologue Arryn Robbins, de l'université de Richmond, explique que les réalisateurs de films d'horreur exploitent les limites de l'attention et de la vision humaines pour cacher leurs monstres et déclencher la peur. Dans le film Hérédité, sorti en 2018, une scène montre Peter traversant sa maison dans une quasi-obscurité. La caméra recule alors pour révéler Annie, sa mère possédée, accroupie au plafond. Elle y était depuis le début.Les principes psychologiques de l'horreur
Robbins évoque ce phénomène dans un article publié sur The Conversation, où elle note que le cinéma d'horreur tire parti de l'écart entre ce que captent nos yeux et ce que nous voyons réellement. Son analyse repose sur des phénomènes bien documentés de la psychologie de l'attention, et non sur une nouvelle expérience. Elle compare des scènes d'horreur célèbres à ces principes psychologiques, affirmant que les réalisateurs et les directeurs de la photographie agissent comme des psychologues cognitifs spontanés, plaçant notre regard exactement là où la peur doit surgir.Le fonctionnement de notre vision
Notre système visuel ne traite pas une scène entière d'un seul coup. Il n'extrait des détails que là où l'attention est dirigée, et le reste peut passer inaperçu, même s'il est très étrange. C'est ce qu'on appelle la cécité d'inattention, illustrée par l'expérience du gorille invisible. Environ la moitié des participants, occupés à compter les passes de basket-ball, n'ont pas remarqué une personne déguisée en gorille.La cécité au changement dans les films
Un phénomène voisin, la cécité au changement, nous empêche de voir une transformation qui se produit sous nos yeux. Dans Conjuring 2, Janet, floue à l'arrière-plan, se transforme en une vieille...