Interdiction de la vente de cigarettes pour les nouvelles générations

À partir de 2027, la vente de cigarettes pourrait être interdite aux personnes nées à partir du 1er janvier 2009, selon un nouvel amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027. Cela signifierait que toute personne atteignant l'âge de la majorité en 2027 ne pourrait plus acheter de produits du tabac, en complément des restrictions déjà en vigueur pour les mineurs.

L'objectif : empêcher le tabagisme chez les générations futures

Cet amendement, proposé par le député écologiste Nicolas Thierry, vise à empêcher les générations futures de commencer à fumer. Il repose sur le constat que l'on commence souvent à fumer à l'adolescence, et la mesure a pour but de stopper l'installation de nouvelles habitudes tabagiques. Le tabac est la première cause de décès évitables en France : il provoque 68 000 décès chaque année et coûte au pays environ 156 milliards d'euros par an.

Une nouvelle taxe pour les revendeurs qui ne respectent pas l'interdiction

L'amendement prévoit également une cotisation sociale de 5 % sur le chiffre d'affaires des buralistes qui ne respecteraient pas l'interdiction. Cette taxe serait versée à la Caisse nationale d'assurance maladie afin de financer les politiques de santé publique et les actions de prévention du tabagisme. Cette mesure s'inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire la consommation de tabac ainsi que ses coûts sanitaires et économiques.

Une proposition déjà débattue

L'idée d'une génération sans tabac n'est pas nouvelle. Le député Nicolas Thierry avait déjà déposé en 2025 une proposition de loi transpartisane visant les personnes nées en 2014, avec une entrée en vigueur de l'interdiction en 2032. Ce texte avait été cosigné par 40 députés, issus de différents groupes politiques, ce qui témoigne d'un certain soutien transpartisan à ce principe.

Soutiens et inquiétudes quant à l'application

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, soutient l'amendement, mais certains responsables ont exprimé des réserves. Thibault Bazin, rapporteur général du budget de la Sécurité sociale, a averti que l'interdiction pourrait faire l'objet de recours juridiques et a souligné la difficulté de la faire appliquer concrètement. Des enquêtes indépendantes ont montré qu'un tiers des buralistes ne respectent toujours pas l'interdiction actuelle de vente de tabac aux mineurs.

Des efforts pour accompagner les buralistes et la filière

La députée Marie-Charlotte Garin a souligné que la mesure vise à envoyer un message à la fois à l'industrie du tabac et aux buralistes, les invitant à adapter leur modèle économique. Elle a également précisé que le gouvernement devra aider les buralistes à se tourner vers de nouveaux modèles économiques. Le texte passe désormais au Sénat pour un examen et un vote.