Le projet marseillais de Le Corbusier
La Cité radieuse de Marseille, une rue commerçante de 56 mètres de haut conçue par l'architecte Le Corbusier, traverse le bâtiment à mi-hauteur et comprend un hôtel-restaurant, une librairie et des boutiques accessibles en ascenseur depuis les appartements.Une solution de logement de l'après-guerre
Le bâtiment, qui accueille environ 1 600 habitants, a été inauguré le 14 octobre 1952 et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2016. Il a été construit à la suite d'une commande de l'État français, datée du 20 juillet 1945, pour répondre à l'urgence du logement au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, alors que les ruines couvraient 10 hectares et qu'environ 3 600 bâtiments avaient été détruits.Conception et détails de construction
La première pierre a été posée le 14 octobre 1947, et le bâtiment a été achevé exactement cinq ans plus tard. Posée sur pilotis, la structure mesure 24 mètres de large et environ 135 mètres de long, soit plus qu'un terrain de football, et libère le sol situé en dessous.Aménagement résidentiel et caractéristiques
La Fondation Le Corbusier indique que le bâtiment a été conçu pour accueillir 1 600 habitants, soit la population d'un village entier réunie sous un même toit. Les logements existent en 23 types différents, pour la plupart en duplex, allant du studio pour une personne à l'appartement conçu pour une famille de huit enfants.Éléments de conception collaborative
La Fondation précise qu'à l'exception de la façade sud, les appartements sont traversants et que l'escalier de chaque duplex a été réalisé grâce à une collaboration entre Jean Prouvé, les ateliers de Nancy et Le Corbusier. Le principe repose sur l'idée d'une ville verticale où l'on trouve tout le nécessaire pour vivre sur place.Rues intérieures et services
La rue à mi-hauteur et le toit-jardin sont des éléments clés. Selon la Fondation, la « rue » s'étend sur deux niveaux, aux 7e et 8e étages, et d'autres rues intérieures desservent les appartements. Elles permettent aux habitants de rentrer chez eux, mais aussi à l'épicier de l'Unité de livrer ses courses devant les portes et d'assurer la distribution du courrier.Espaces publics et accessibilité
Cette rue abrite un hôtel-restaurant, une librairie et des boutiques, une partie de ces équipements existant toujours, dont une librairie spécialisée en architecture. Au-dessus, le toit-jardin est lui aussi largement utilisé et accessible au public. On y trouve une crèche dotée d'un petit bassin, une piste d'athlétisme, une salle de sport et un théâtre de plein air.Vie collective et difficultés
La densité des services a aussi son revers : la salle de sport compte parmi les lieux les plus fréquentés, et la vie commune dans un bâtiment aussi complet n'est pas toujours simple entre voisins. Les Marseillais ont rapidement trouvé leur surnom pour ce géant de béton : la « Maison du fada ». Ce sobriquet, à l'origine moqueur, est resté, et on le prononce aujourd'hui avec une certaine tendresse.Reconnaissance historique et restauration
Le bâtiment a traversé les décennies avec ses cicatrices, notamment un incendie grave survenu le 9 février 2012. La reconnaissance officielle est venue par étapes. La Cité radieuse est protégée au titre des monuments historiques par un décret de 1995, complété en 2023. Elle a rejoint le patrimoine mondial de l'UNESCO en 2016, dans le cadre de l'ensemble des œuvres de Le Corbusier.Usage contemporain et art
Au sommet, la salle de sport accueille depuis 2013 le Mamo, un centre d'art contemporain installé par le designer Ora Ito.