Début de vie et carrière militaire

Yves Ezanno est né le 14 juillet 1912 à Clamart, une commune de la région Île-de-France, en France. Il est breveté observateur en avril 1937 et affecté à l'escadrille 3 de la 21e escadre, marquant le début de sa carrière dans l'aviation militaire.

Formation et promotion

Promu lieutenant en avril 1939, Ezanno obtient son brevet de pilote et est affecté à l'école de pilotage 101 de Saint-Cyr en qualité d'officier instructeur. Il y forme d'autres pilotes et contribue à la préparation de l'aviation française avant que la guerre ne s'intensifie.

Refus de l'armistice et ralliement aux Forces françaises libres

Refusant l'armistice conclu avec l'Allemagne nazie, Ezanno rejoint l'Angleterre le 17 juin 1940. Il s'engage dans les Forces françaises libres et suit en août 1940 un entraînement sur Spitfire, un avion de chasse britannique, en vue d'opérations de combat à l'étranger.

Opérations en Afrique et au Moyen-Orient

Arrivé au Cameroun en octobre 1940, Ezanno devient commandant de l'escadrille 4 du 1er groupe de chasse colonial français. Il participe en novembre 1940 à des opérations au Gabon à bord d'avions Lysander, puis rejoint en mars 1941 la 2e escadrille de bombardement française pour des opérations en Libye.

Commandement dans les groupes de bombardement et de chasse

En septembre 1941, Ezanno est affecté au groupe de bombardement « Lorraine », au sein de l'escadrille « Nancy », où il effectue 43 sorties. En mars 1943, après un entraînement sur Boston, il prend le commandement de l'escadrille « Metz », puis suit un entraînement sur Typhoon, un avion de chasse britannique, avant de rejoindre la RAF.

Combats en Normandie et blessures

Rattaché à l'escadrille de chasse n° 198 de la RAF en avril 1944, Ezanno se distingue en détruisant un quartier général allemand le 28 mai 1944. Lors du débarquement du 6 juin 1944, il attaque des véhicules blindés ennemis en Normandie. Au total, il effectue 90 sorties avant d'être abattu au-dessus de Walcheren en novembre 1944.

Commandement d'après-guerre et décorations

Après s'être remis de ses blessures, Ezanno prend le commandement de l'école de chasse de Meknès et est promu lieutenant-colonel. Il reçoit de nombreuses décorations militaires, dont la grand-croix de la Légion d'honneur, la Distinguished Flying Cross et plusieurs médailles de guerre, témoignant de son long service et de sa bravoure.

Carrière ultérieure et héritage

Ezanno sert en Indochine et en Corée en tant qu'inspecteur de l'aviation de chasse, puis commande la base de Saint-Dizier. Il occupe des postes de haut rang au sein de l'OTAN et de l'armée française, atteignant le grade de général de corps aérien. Il prend sa retraite en 1967 après plus de 5 230 heures de vol et meurt le 20 octobre 1996 à Nice, laissant derrière lui un héritage de service et de leadership dans l'aviation.