La tour Eiffel oscille sous l'effet du vent et de la chaleur

Le 26 décembre 1999, des rafales de vent ont atteint 214 km/h au sommet de la tour Eiffel, selon le site officiel du monument, qui a enregistré un déplacement de 9 cm. Certaines sources, dont RTL, évoquent un déplacement de 13 cm pour la même journée.

La tour Eiffel se déplace avec les variations de température

Par une journée d'été sans vent, le sommet de la tour peut se déplacer de 19 cm. Le fer de la tour chauffe jusqu'à 60 à 70 °C et s'incline à l'opposé du soleil. La tour retrouve sa position initiale pendant la nuit.

Le mécanisme du mouvement de la tour

Le mécanisme du mouvement de la tour peut se résumer ainsi : le fer puddlé chauffe et s'allonge. La face tournée vers le soleil s'allonge davantage que celle qui reste à l'ombre, et la tour se tord. L'historien et architecte Bertrand Lemoine l'a expliqué sur Europe 1, précisant que la tour se courbe légèrement, comme si elle voulait s'éloigner du soleil.

Explication officielle et calculs

Le compte rendu officiel de la tour, cité par RTL, utilise une formule semblable et affirme que le sommet « fuit le soleil ». Il peut ainsi se déplacer jusqu'à 19 cm. Au fil de la course du soleil dans le ciel, la face éclairée change au cours des heures, et la courbure suit ce mouvement. Le sommet décrit donc une courbe au cours de la journée, lente et sans à-coups, que Bertrand Lemoine décrit comme imperceptible et progressive.

Impact de la canicule et calculs

Le Parisien, lors de la canicule de fin juin 2025, a évoqué un déplacement d'environ 20 cm lors d'une journée de fortes chaleurs. L'écart avec les 19 cm avancés par RTL tient probablement à l'arrondi, l'ordre de grandeur restant le même d'une source à l'autre. Selon un calcul de The Conversation repris par le magazine suisse Batimag, le fer de la tour peut atteindre 60 à 70 °C lorsqu'il est exposé au plein soleil.

Dilatation et effets sur la structure

Son coefficient de dilatation avoisine 12 millionièmes de mètre par mètre et par degré. Une poutre de 300 m pourrait, en théorie, s'allonger de 36 cm pour une différence de 100 °C, mais la structure ne chauffe pas uniformément, ce qui limite l'effet réel. Ce chauffage inégal explique pourquoi la tour ne fait pas que grandir : elle s'incline. Le même calcul donne une dilatation de 12 à 15 cm pendant la saison chaude, avec un sommet qui s'éloigne légèrement du soleil.

Variations saisonnières et influence de la température

Le phénomène a aussi un aspect saisonnier. En hiver, la tour peut perdre jusqu'à dix centimètres, selon Le Parisien. Entre une journée de canicule et un matin de gel, la silhouette parisienne n'a donc pas exactement la même taille. La pire tempête évoquée ici a produit 9 cm de balancement, une journée d'été ordinaire en produit 19, et la saison froide retire une douzaine de centimètres de hauteur.

Vent contre influence solaire

Le vent agit par rafales, de quelques secondes à la fois. Le soleil, lui, travaille pendant des heures, face après face, sur plusieurs centaines de tonnes de métal. La prochaine fois qu'un bulletin météo annoncera une canicule, le chiffre à retenir sera donc celui du thermomètre, et non celui de l'anémomètre. Une nuance demeure : ces 19 ou 20 cm sont des mesures du sommet, prises d'une position à l'autre, et RTL comme Le Parisien rappellent que la tour retrouve sa position de départ une fois la nuit tombée.