Données clients à vendre en ligne

Les noms et numéros de téléphone mobile de clients d'Autosur sont proposés à la vente depuis le 31 octobre sur un forum de cybercriminels. Le vendeur, ChimeraZ, évoque près de 800 000 enregistrements sans expliquer comment il les a obtenus. L'information a été rapportée par FrenchBreaches.

Détails de la fuite de données

ChimeraZ propose une archive de 248 Mo, répartie en deux fichiers d'environ 611 000 et 186 000 lignes. Il attribue ces 798 502 enregistrements à 615 233 personnes, car un client peut apparaître dans plusieurs enregistrements. Autosur, créée en 1990, dispose de plus de 900 centres de contrôle technique en France sous la bannière de la Société européenne de contrôle automobile (SECTA).

La réponse d'Autosur et les incertitudes

L'entreprise n'a pas confirmé le piratage. Au moment de la rédaction de cet article, rien n'indique si la base de données mise en vente provient d'une nouvelle intrusion, d'un autre système informatique ou de données dérobées à Autosur en 2025. D'autant que cette fuite n'a pas été revendiquée par ChimeraZ, bien connu, dont les petites annonces sont apparues cette année.

Origines possibles des données

L'équipe de Cyberattaque.org indique que deux échantillons de 500 enregistrements sont tous liés à l'environnement informatique « ancier ». Autosur possède un centre à Ancier, près de Gray, en Haute-Saône. Les fichiers pourraient donc provenir du logiciel de gestion de ce centre, ou d'un outil commun à plusieurs établissements du réseau pour suivre leurs clients.

Analyse complémentaire et incertitudes

Rien n'indique toutefois que les centaines de milliers d'autres lignes de l'archive concernent Ancier. Selon les informations obtenues par FrenchBreaches tard dans la soirée de la veille de la Toussaint, les données proviendraient plutôt du service de formation professionnelle du réseau, SECTA Formations, et non des centres de contrôle technique. Le site spécialisé reconnaît que l'origine exacte des fichiers reste à confirmer.

Incident de sécurité antérieur

En mars 2025, Autosur avait signalé à ses clients un « accès non autorisé à certaines données », notamment leurs adresses et leurs numéros d'immatriculation. Un pirate avait alors affirmé détenir 10,7 millions d'enregistrements, tandis que l'entreprise évoquait 4 millions de clients concernés. Les échantillons de ChimeraZ ne contiennent aucun numéro d'immatriculation, et le pirate ne précise ni quand ni comment il a extrait ses enregistrements.

Ampleur des données

ChimeraZ annonce 392 175 numéros de téléphone différents et 144 689 adresses électroniques. Selon l'analyse de Cyberattaque.org, les 1 000 enregistrements des échantillons contiennent 827 numéros de téléphone, mais seulement 130 adresses électroniques, et aucune donnée bancaire ni aucun mot de passe. Plusieurs identités apparaissent à plusieurs reprises, et certains enregistrements sont incomplets.

Risque de fraude

Le pirate a également montré, dans ses extraits, des numéros de dossier clients et des identifiants internes. Ces informations semblent maigres, mais un escroc n'a pas besoin de plus. Il suffit de disposer d'un nom et d'un numéro de portable pour passer un faux appel crédible au nom de votre centre Autosur.

Conseils aux clients

Si votre téléphone sonne au nom d'Autosur, raccrochez, puis appelez votre centre au numéro indiqué sur le site du réseau. Ne saisissez jamais votre numéro de carte bancaire sur une page ouverte depuis un SMS, même si le message mentionne votre nom ou la date de votre dernier contrôle.

Mesures de prévention

Dans les semaines qui suivent une fuite, la CNIL et Cybermalveillance.gouv.fr recommandent également, dans leur dépliant destiné aux victimes, de surveiller vos relevés bancaires et de refuser tout prélèvement que vous n'avez pas signé.