Les coopératives funéraires en France

En France, les coopératives funéraires se sont développées depuis les années 2000, en s'inspirant d'un modèle venu du Québec. Ces coopératives sont constituées en groupes communautaires plutôt qu'en entreprises à but lucratif, et offrent une alternative aux services funéraires traditionnels.

La coopérative Syprès à Bordeaux

À Bordeaux, la coopérative funéraire Syprès a été fondée en 2019 par Edileuza Gallet, une Brésilienne spécialiste du secteur. Elle met l'accent sur le soutien psychologique, la personnalisation des cérémonies et la gestion des obsèques sans recherche de profit financier.

Fonctionnement de Syprès

La coopérative Syprès accompagne chaque année environ 150 familles, avec des obsèques personnalisées à des coûts raisonnables. Elle compte trois salariés et une douzaine de bénévoles, et appartient à environ 500 membres.

Le modèle de la coopérative de Rennes

À Rennes, une coopérative funéraire cofondée par Isabelle Georges pendant la crise de la Covid-19 met en avant le principe « une personne = une voix ». Ce principe garantit à tous les membres un pouvoir égal, quelle que soit leur contribution financière.

Les critiques visant les maisons funéraires traditionnelles

Entre 2024 et 2025, près de la moitié des maisons funéraires contrôlées par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ont été critiquées pour des pratiques commerciales trompeuses. Il s'agissait notamment d'un manque de transparence sur les prix et de la facturation de prestations non demandées.

La hausse des coûts des obsèques

Selon l'Insee, les prix des services funéraires en France ont augmenté de 15 % entre 2021 et 2025. Cette hausse a contribué à susciter un intérêt croissant du public pour les coopératives funéraires, qui proposent des options plus abordables.

Croissance des adhésions et intérêt du public

Les coopératives funéraires ont vu leurs adhésions augmenter grâce au boubon-à-savoir de bouche à oreille. Edileuza Gallet note que les gens connaissent de mieux en mieux le modèle coopératif, qui offre des coûts moins élevés et correspond aux attentes actuelles.

Un soutien aux familles modestes

Les coopératives proposent également des systèmes de paiement échelonné et des fonds destinés à aider les familles modestes. Edileuza Gallet souligne les difficultés financières que posent les obsèques, en particulier pour les jeunes qui enterrent leurs parents sans ressources suffisantes.

L'accent sur les besoins des familles

Isabelle Georges décrit sa coopérative comme un lieu d'écoute des familles, où l'on évite la démarche commerciale et où l'on construit les cérémonies ensemble. Cette approche contraste avec les pratiques plus commerciales des maisons funéraires traditionnelles.

Réduction des coûts et démarche environnementale

Les coopératives font preuve d'inventivité pour réduire les coûts, par exemple en encourageant les familles à apporter leur propre linge, à choisir des cercueils simples et à intégrer les objets personnels du défunt. Elles accordent aussi une place importante à l'environnement, en utilisant des matériaux comme le carton ou le bois local pour les cercueils.

Un regard différent sur la mort

Edileuza Gallet et Isabelle Georges souhaitent toutes deux faire évoluer la perception de la mort en France et celle du secteur funéraire, qu'elles décrivent comme marqué par un déni collectif de la mort. Elles estiment que la mort peut être un moment de communauté et de lumière, et non nécessairement un obstacle ou un événement sombre.