La sécheresse persistante en Bretagne rend l’accès à l’eau de plus en plus difficile à l’approche de l’automne. Quatre départements de la région sont placés sous arrêté de restriction depuis août, et ces mesures devraient rester en vigueur jusqu’au 15 novembre, sauf si des pluies significatives permettent de relever les niveaux des cours d’eau et des nappes phréatiques. Les réductions de consommation d’eau ne sont pas uniformes dans toute la région : chaque préfet détermine l’ampleur des restrictions en fonction des conditions locales. Les installations classées sous le régime des ICPE (installations classées pour la protection de l’environnement) doivent réduire leur consommation d’eau de 25 %.
Clothilde d’Argentré, en charge des questions environnementales pour l’association bretonne des entreprises agroalimentaires (ABEA), explique que cette baisse touche surtout les unités de transformation secondaire, comme les sites de transformation des aliments. Les unités de transformation primaire, telles que les abattoirs et les laiteries, bénéficient souvent d’exemptions, car elles sont considérées comme des activités à haut débit et manipulent des produits périssables. Pourtant, certaines de ces unités doivent aussi réduire leur consommation, parfois de 15 à 20 %. Dans le secteur laitier, par exemple, Alain Le Boulanger, délégué régional de la FNIL-Ouest (un groupe représentant les industriels privés en Bretagne, Normandie et Pays de la Loire), souligne que même les unités à haut débit ne peuvent toujours pas être exemptées.
La réduction de 25 % de la consommation d’eau a contraint de nombreuses usines agroalimentaires à adapter leur fonctionnement. Clothilde d’Argentré indique que certaines entreprises de transformation secondaire sont passées à la semaine de quatre jours ou ont réduit le nombre de travailleurs temporaires. D’autres ont ralenti leur production en prévision du maintien des restrictions. Dans le secteur laitier, le lait continue d’être transformé, mais certains volumes sont redirigés entre sites pour gérer la pénurie d’eau. Pour éviter de changer de produits sur une même chaîne de production – ce qui nécessite des phases de lavage et de rinçage –, les industriels ont dû ajuster leurs plannings.
Malgré ces efforts, certaines entreprises estiment que leurs mesures d’économie d’eau ne sont pas reconnues. Un fabricant de plats préparés dans les Côtes-d’Armor décrit la réduction de 25 % comme une mesure punitive, soulignant que ses propres efforts pour limiter sa consommation n’ont pas été pris en compte. Dans ce département, l’arrêté compare la consommation actuelle à celle de la même période l’année précédente, ce qui laisse certains acteurs locaux sur leur faim. Bernard Jarnoux Crêpier, producteur de crêpes à Lamballe, a réduit sa consommation d’eau de 24 % par kilo de crêpes depuis 2022, sans que cela n’influence les restrictions. Pour s’adapter, l’entreprise a diminué sa production de 30 à 35 % et incité certains employés à ne pas se rendre au travail, en s’appuyant sur des stocks existants pour répondre à la demande.
À plus long terme, les producteurs laitiers explorent des solutions pour réutiliser l’eau. Alain Le Boulanger met en avant le décret REUSE, adopté en 2024, qui encourage le recyclage des eaux usées traitées. Si toutes les laiteries investissaient dans de tels systèmes, cela pourrait permettre d’économiser jusqu’à 11 millions de mètres cubes d’eau par an. Aujourd’hui, l’industrie laitière française consomme 70 millions de mètres cubes d’eau, soit 20 % des prélèvements totaux du secteur agroalimentaire. Bien que cette consommation ait diminué de 20 % depuis 2010, les producteurs laitiers français restent en retard par rapport à leurs homologues européens, où des réglementations similaires sont en place depuis plus longtemps. Arnaud Cousin, de Bernard Jarnoux Crêpier, espère que les pouvoirs publics réaliseront un bilan détaillé de la situation pour guider les futures stratégies de gestion de l’eau.
La sécheresse en Bretagne met à l'épreuve l'industrie agroalimentaire avec des restrictions d'eau et des efforts d'adaptation
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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Sources d'origine :
- 🇫🇷Réussir



