La fintech Molo Molo Pay étudie son expansion en RDC, avec des paiements échelonnés pour des biens sans crédit anticipé.
Molo Molo Pay explore son expansion en RDC
La société fintech Molo Molo Pay, qui a commencé ses activités en Côte d'Ivoire en avril 2025, envisage de s'implanter en République démocratique du Congo (RDC). L'entreprise souhaite proposer un service permettant aux consommateurs de payer leurs achats en plusieurs fois avant de recevoir les produits. Dans un communiqué daté du 22 octobre 2026, Molo Molo Pay a confirmé être en discussion avec des partenaires potentiels à Kinshasa, sans toutefois annoncer de date de lancement ni le montant de l'investissement concerné. Le fondateur et directeur général de l'entreprise, Oussoumanou Sehou, s'est récemment rendu dans la capitale congolaise pour rencontrer des entrepreneurs, des institutions financières et des experts en technologie afin d'évaluer la faisabilité du lancement de la plateforme.Un modèle de paiement échelonné différent du crédit
Le modèle de Molo Molo Pay repose sur la numérisation des paiements échelonnés, qui permet aux consommateurs de constituer progressivement les fonds nécessaires à un achat grâce à plusieurs versements. Via l'application, le client choisit un produit auprès d'un commerçant partenaire et paie selon ses capacités financières. Le article n'est livré ou retiré qu'une fois le prix total réglé. Cette approche se distingue du crédit à la consommation traditionnel ou des services de paiement différé, où les biens sont généralement reçus avant le règlement intégral. Avec Molo Molo Pay, le client paie d'abord et ne bénéficie pas d'une avance de crédit pour son achat.Un public aux revenus irréguliers
La plateforme est conçue pour les consommateurs disposant de revenus quotidiens ou irréguliers. En Côte d'Ivoire, Molo Molo Pay propose notamment des téléphones, des appareils électroménagers, des meubles et des motos. L'entreprise développe également des fonctionnalités permettant aux utilisateurs de payer progressivement leur loyer, leur assurance, leurs billets d'avion, ainsi que des liens de paiement pour les commerçants sur les réseaux sociaux. Il n'est toutefois pas certain que ces services supplémentaires seront disponibles en RDC en cas de lancement.Frais et contraintes pour les utilisateurs
Bien que Molo Molo Pay n'accorde pas de crédit, le service comprend des frais et des restrictions pour les consommateurs. En Côte d'Ivoire, l'entreprise facture des frais fixes de 1 000 francs CFA pour créer une commande, ainsi qu'une commission de 10 % sur les montants déjà versés si l'utilisateur souhaite changer de produit ou de commerçant. Ces conditions limitent également la possibilité de récupérer les paiements en espèces, sauf dans les cas prévus par la loi. Les utilisateurs doivent donc tenir compte du fait que leurs fonds restent immobilisés jusqu'à la livraison du produit.Des conditions encore floues pour les utilisateurs congolais
L'entreprise n'a pas encore communiqué la structure tarifaire ni les conditions applicables en RDC. Les modalités de conservation des fonds, les politiques d'annulation et les garanties offertes aux clients congolais restent non précisées. La mise en œuvre de l'entreprise en RDC devra se conformer à la réglementation locale. Selon que Molo Molo Pay collecte et transfère les paiements directement ou par l'intermédiaire de partenaires, elle pourrait avoir besoin de l'approbation de la Banque centrale du Congo (BCC) ou recourir à des partenaires financiers agréés. Aucune approbation officielle ni aucun partenariat en RDC n'a été annoncé à ce jour.Se faire une place sur un marché des paiements numériques en pleine croissance
Molo Molo Pay prévoit d'entrer sur un marché où les paiements numériques reposent déjà sur les banques, les opérateurs de monnaie électronique et des prestataires de services spécialisés. Au 15 juillet 2026, le registre de la BCC recensait 48 prestataires de services agréés, actifs dans différents domaines de l'écosystème financier. Le défi de l'entreprise ne consistera pas à introduire un nouveau mode de paiement, mais à convaincre les consommateurs et les commerçants d'adopter un modèle d'achat prépayé en plusieurs versements. Son succès dépendra des frais pratiqués, de la sécurité des paiements et des partenariats qu'elle nouera avec les acteurs locaux.