La région de l'Hérault fait face à une crise humanitaire aiguë, les services sociaux peinant à gérer la hausse du sans-abrisme et des décès, sous l'effet des coupes budgétaires et de la baisse des aides.
Crise humanitaire déclarée dans l'Hérault
Elsa Melon, directrice du Service intégré d'accueil et d'orientation (SIAO) de l'Hérault, qualifie la situation de « crise humanitaire aiguë », soulignant la pression croissante exercée sur les services sociaux de la région.Une mobilisation nationale met en lumière les questions budgétaires
Ce vendredi 16 octobre, à Montpellier, des associations du secteur social ont participé à la mobilisation nationale « Et si nous arrêtions vraiment ? », qui se déroule du 12 au 17 octobre. Elles entendent attirer l'attention sur la manière dont les coupes budgétaires affectent leur capacité à accompagner les populations vulnérables.Un nombre de décès en hausse parmi les personnes sans abri
Selon le SIAO, 15 personnes sont décédées depuis le début de l'année, âgées de 24 à 87 ans. Mme Melon note que le rythme des décès s'est accéléré, avec une à trois personnes qui meurent chaque mois dans la rue.Des services d'urgence débordés
Le SIAO indique que 60 enfants se retrouvent sans logement chaque mois, que 280 foyers ont besoin d'un hébergement et que le numéro d'urgence 115 reçoit 420 appels par jour. Cependant, seuls trois des 280 foyers peuvent être hébergés chaque jour, ce qui illustre la grave pénurie de ressources.Une population sans abri aux profils variés
Mme Melon souligne que les personnes touchées par la crise ne correspondent pas à l'image habituelle des sans-abri. Elles comprennent des travailleurs, des victimes de violences, des femmes avec enfants, des personnes handicapées et des personnes âgées qui ne peuvent plus payer leur loyer.Le directeur du SAMU social décrit une situation qui se dégrade
Rémi Chetoui, directeur du SAMU social, indique que son équipe organise deux maraudes par jour dans l'agglomération montpelliéraine, parfois trois. Il décrit la présence croissante de femmes avec enfants, de personnes âgées et de personnes vivant dans des conditions de plus en plus précaires, comme cette personne qui survit grâce aux plantes de la forêt.Près de 3 000 personnes sans domicile estimées dans la région
M. Chetoui estime qu'environ 3 000 personnes sont sans domicile dans la Métropole de Montpellier Méditerranée. Lui comme Mme Melon relient la hausse de la demande de services à la baisse des ressources et des financements disponibles.Les baisses de financement aggravent la crise
Mme Melon et M. Chetoui soulignent tous deux que la hausse de la demande de services est directement liée à la diminution des ressources disponibles. Ils citent la réduction des subventions consacrées à l'hébergement, au logement et à l'insertion, ainsi que la fermeture de certains services et la baisse des nuitées d'hôtel. M. Chetoui insiste sur la nécessité de maintenir les enveloppes budgétaires initiales pour faire face à l'aggravation de la crise.