La violence s'intensifie en Guadeloupe : les manifestations basculent dans la criminalité, commerces pillés et policiers attaqués, sur fond de revendications sur l'eau et le coût de la vie.
Violence s'intensifie en Guadeloupe
La mobilisation sociale en Guadeloupe a basculé dans la délinquance, avec des signalements de cambriolages de commerces, d'incendies et de destructions commis de nuit entre le samedi 17 et le dimanche 18 octobre 2026. Les quartiers autour d'Anquetil ont d'abord été visés, avant que les violences ne gagnent le centre de Pointe-à-Pitre et Abymes.Dégâts et blessés signalés
La police a confirmé que plusieurs commerces de la rue Frebault ont été pillés, que le Carrefour Express d'Abymes a été détruit par le feu et que d'autres dégâts ont été constatés. Trois policiers ont été blessés par balle, et les forces de l'ordre ont fait face à une opposition violente, avec des projectiles, des mortiers et des armes à feu, dont des armes automatiques.Déploiement des forces d'intervention
Le RAID (recherche, assistance, intervention, dissuasion) de la police nationale et le PSIG (Peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie) ont été déployés, rejoints ensuite par le GIGN (Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale). Trois fonctionnaires ont été légèrement blessés par balle, et l'un d'eux a dû être opéré pour extraire une balle de sa jambe.Interpellations et enquêtes
La DTPN (Direction territoriale de la police nationale) a indiqué que trois casseurs ont été interpellés par la Brigade anticriminalité (BAC) en flagrant délit de pillage, tandis que d'autres sont en cours d'identification. Le commissaire général Philippe Miziniak a noté que les barrages installés au rond-point d'Anquetil, à Abymes, pourraient avoir eu pour but de détourner l'attention des policiers avant les faits survenus à Pointe-à-Pitre.Contexte de la mobilisation
La mobilisation, menée par le collectif Nou Las Palé, réclame notamment des mesures concernant l'eau, le coût de la vie et le prix des carburants. La situation a cependant franchi un nouveau seuil, avec la multiplication des tirs visant les forces de sécurité.Retour au calme
À 7 heures, dimanche matin, le calme semblait revenu dans le secteur de Pointe-à-Pitre, une cellule de crise a été activée à la préfecture et les commerces pillés étaient en cours de sécurisation. La mobilisation sociale a également donné lieu à des incidents visant des personnes qui exprimaient leur opinion, comme Patricia Braflan-Trobo, qui ont fait l'objet de remarques sexistes et menaçantes.Statistiques nationales et autres faits divers
Le ministère de l'Intérieur a publié son rapport 2025 sur les morts violentes au sein du couple, faisant état d'une hausse de 4 % par rapport à 2024, avec 111 femmes tuées sur l'ensemble du territoire, dont 11 dans les outre-mer. Parmi les autres faits, un ancien chauffeur de bus scolaire de Saint-Barthélemy a été condamné à 10 ans de prison pour agressions sexuelles incestueuses, et une importante coupure d'alimentation en eau est survenue à Mayotte à la suite d'une fuite sur une conduite.