Des sites Starlink attaqués en Europe

Ces dernières semaines, trois sites Starlink en Europe ont été attaqués ou pris pour cible. Le 23 septembre, un incendie a été allumé dans une station Starlink de Wola Krobowska, près de Varsovie. Des membres d'un gang criminel turc lié au renseignement russe seraient soupçonnés d'être impliqués dans cet incident. Deux jours plus tard, des individus masqués auraient attaqué un site Starlink à Plana, en Bulgarie, et mis le feu à huit antennes. Un mandat d'arrêt européen a été émis contre deux ressortissants allemands. Une troisième attaque a eu lieu en Lituanie, où une tentative d'incendie de matériel Starlink a échoué.

La Pologne finance Starlink pour l'Ukraine

La station de Wola Krobowska, qui a été attaquée, est exploitée par Exatel, entreprise polonaise, et fournit un accès à internet à l'Ukraine. Depuis 2022, la Pologne a dépensé plus de 480 millions de zlotys en équipements et abonnements Starlink pour l'Ukraine. Ce service est essentiel à la défense ukrainienne, car il permet la communication entre les unités militaires et la coordination sur la ligne de front. L'Ukraine bénéficie également de systèmes américains de renseignement par satellite, comme SBIRS, qui détectent les lancements de missiles et suivent les missiles de croisière échappant aux radars terrestres.

Un satellite russe s'approche d'un satellite-radar finlandais

Un satellite russe, Kosmos 2612, s'est approché à moins de 200 mètres d'ICEYE-X36, un satellite-radar finlandais utilisé par l'Ukraine. Fin septembre, le satellite russe a effectué des manœuvres suspectes, en se plaçant sur la même orbite qu'ICEYE-X36. Il a ensuite rejoint une orbite plus élevée, ce qui suscite des interrogations sur sa finalité. ICEYE-X36 fournit des images essentielles aux forces ukrainiennes, et l'entreprise a élargi l'accès de Kyiv à ses données satellitaires depuis 2022.

Les activités spatiales russes sous surveillance

Des experts avancent que Kosmos 2612 pourrait avoir recueilli des données sur ICEYE-X36 ou transporté une arme. Certains suggèrent que la Russie aurait envisagé de détruire le satellite avant d'y renoncer. Des responsables américains ont confirmé que la Russie a mis au point des armes antisatellites visant des satellites américains. Cela correspond aux évaluations des services de renseignement américains, selon lesquelles la Russie développe ses capacités spatiales afin de contrer la dépendance des États-Unis aux systèmes spatiaux.

L'Europe accuse un retard en matière de satellites

L'Europe dispose de satellites d'observation performants, mais ne possède pas de systèmes comparables au SBIRS américain, qui détecte les lancements de missiles. Starlink, avec environ 10 000 satellites, offre une couverture internet meilleure que celle de OneWeb, la principale alternative européenne, qui ne compte que 600 satellites. En 2023, l'Europe n'a lancé que 13 satellites, contre plus de 4 000 pour les États-Unis, 387 pour la Chine et 99 pour la Russie, ce qui illustre un retard important en matière d'infrastructures spatiales.