Un essai montre que des caillebotis partiels avec copeaux de lin réduisent la morsure de queue chez les porcs, mais posent des problèmes de propreté, avec des résultats mitigés.
Un essai sur les sols d'élevage porcin teste la prévention de la caudophagie
Un essai mené à la station expérimentale de Crécom a testé un nouveau système de sol pour porcs, associant un sol plein partiel et un apport quotidien de copeaux de lin afin de réduire la caudophagie. L'objectif était de créer une surface pleine de 30 % dans chaque case, pour inciter les porcs à garder la queue intacte plutôt que de la mordre.Une réduction de la caudophagie dès les premiers stades
L'essai a montré que 82 % des porcs placés dans le nouveau système ne présentaient aucune lésion à la queue pendant la phase de post-sevrage, contre 54 % sur un sol intégralement plein traditionnel. Toutefois, ce bénéfice diminue avec le temps, l'écart observé étant plus faible lors de la première phase de sortie.Des problèmes de propreté observés
La propreté est restée un sujet de préoccupation tout au long de l'essai. En phase de post-sevrage, il a été difficile de maintenir la propreté de la zone pleine à mesure que les porcs grandissaient et que son avantage thermique diminuait. Des problèmes similaires sont apparus en phase d'engraissement, où le béton utilisé comme zone de repos s'est dégradé avec la prise de poids.Des gains de croissance améliorés
En phase d'engraissement, les porcs élevés sur le sol partiel ont présenté une croissance plus rapide, de 1 053 g/jour contre 982 g/jour sur sol intégralement plein. La raison de cette amélioration reste incertaine, mais elle pourrait être liée à un meilleur confort ou à une utilisation plus efficace de l'espace.Un impact environnemental neutre
L'essai n'a révélé aucune différence significative de performance environnementale entre les deux systèmes. Les niveaux d'ammoniac ainsi que les émissions de gaz telles que le protoxyde d'azote et le méthane étaient comparables, probablement en raison d'un nettoyage fréquent et du système de raclage à plat utilisé pour les fosses.Le point de vue des salariés : avantages et inconvénients
Les salariés de la station ont indiqué que le nouveau système offrait aux porcs un bon confort thermique pendant le post-sevrage, avec très peu de nettoyage nécessaire. Ils ont toutefois relevé des difficultés persistantes en matière de propreté, notamment en phase d'engraissement. Malgré cela, ils se sont déclarés globalement satisfaits du système, en particulier pour la gestion des porcs à longue queue.Coûts et considérations pratiques
L'essai a utilisé environ 39 g/porc/jour de copeaux de lin en post-sevrage et 63,5 g/porc/jour en engraissement, pour un coût d'environ 0,61 €/porc et 3,12 €/porc respectivement. Si ces coûts reflètent les conditions de l'essai, des tarifs plus avantageux pourraient être obtenus en pratique, selon les modes d'approvisionnement et les quantités.La mise en garde d'une experte sur la propreté
Claire Walbecque, de la chambre d'agriculture de Bretagne, a souligné la réussite de l'essai en matière de préservation de l'intégrité des queues, mais a averti que la propreté reste un défi majeur avec un sol partiel. Les travaux à venir porteront sur l'optimisation de la conception des cases et des pratiques de gestion, afin de maintenir les bénéfices tout en améliorant l'hygiène.Des copeaux de lin choisis pour des avantages précis
Les copeaux de lin ont été retenus pour leurs fibres courtes, leur forte capacité d'absorption et leur faible taux de poussière, ce qui les rend plus adaptés que la paille pour cet usage. L'essai s'inscrit dans le projet BâtiPorc C4E, piloté par l'Ifip et soutenu par le fonds Casdar et les chambres d'agriculture régionales.