Le BRF réduit les émissions d'ammoniac dans l'élevage porcin

L'association de paille et de bois raméal fragmenté (BRF) s'est révélée prometteuse pour réduire les émissions nocives de l'élevage porcin. À la station expérimentale de Crécom, cette combinaison a fortement diminué les émissions d'ammoniac, un enjeu majeur de l'élevage en raison de leur impact sur la qualité de l'air et la santé humaine.

Les niveaux d'ammoniac baissent nettement

Les émissions d'ammoniac provenant de litières pour porcs utilisant le BRF ont été réduites de près de cinq fois par rapport à une litière traditionnelle en paille. La nouvelle méthode a entraîné des émissions de 1,6 à 2,2 grammes d'ammoniac par porc et par jour, contre 9,6 grammes avec la paille seule. Cette amélioration de la qualité de l'air est essentielle, tant pour les travailleurs agricoles que pour l'environnement alentour.

Les émissions de protoxyde d'azote diminuent également

Parallèlement à l'ammoniac, les émissions de protoxyde d'azote, un puissant gaz à effet de serre, ont été réduites de moitié. La nouvelle méthode de litière a produit de 0,6 à 0,4 gramme de protoxyde d'azote par porc et par jour, contre 1,2 gramme avec la paille. Cela suggère un système d'aération plus stable, qui contribue à éviter la production excessive de gaz à effet de serre en limitant les réactions chimiques qui les génèrent.

La composition du fumier change avec le BRF

Le fumier produit avec le mélange BRF et paille est plus sec et plus riche en carbone que le fumier traditionnel à base de paille. En hiver, la teneur en matière sèche a atteint 376 kg par tonne, contre 308 kg dans les références standard. La matière organique a également augmenté, tandis que l'azote total a légèrement diminué, ce qui indique une meilleure rétention de l'azote et des pertes réduites.

Le suivi de la qualité de l'air révèle des risques

Bien que la qualité globale de l'air se soit améliorée, des pics d'exposition de courte durée aux particules fines (PM2,5) ont été enregistrés lors des opérations de nettoyage du fumier. Ces pics brefs ont dépassé la valeur limite d'exposition professionnelle, ce qui souligne la nécessité de mesures de protection, comme des masques FFP2 ou des tracteurs à cabine fermée, pour préserver la santé des travailleurs pendant ces activités.

Temps de travail et considérations de coût

L'utilisation du BRF a d'abord demandé beaucoup de main-d'œuvre, avec 34 minutes de travail par porc en hiver. Toutefois, en optimisant le protocole de litière en été, le temps de travail n'a plus été que de sept minutes par porc. Malgré cette amélioration, le coût du BRF reste un obstacle, ajoutant environ 9,2 euros par animal aux dépenses globales.

Potentiel futur et solutions locales

Le projet, qui s'inscrit dans l'initiative BâtiPorc C4E, montre que le BRF peut constituer une option de litière efficace et respectueuse de l'environnement. L'approvisionnement local ou l'autoproduction de BRF pourraient contribuer à réduire les coûts et favoriser une adoption plus large dans l'élevage porcin. Le succès de cette méthode dépend de l'équilibre entre les bénéfices environnementaux et la faisabilité pratique et économique.