Les pertes d'azote lors de l'épandage dépendent du produit, du matériel et de la météo. EQ'Air aide les agriculteurs à réduire la volatilisation, avec des bénéfices agronomiques, économiques et environnementaux.
Les pertes d'azote dépendent des méthodes d'épandage
Les pertes d'azote lors de l'épandage agricole varient selon le produit utilisé, le matériel employé, les conditions météorologiques et la rapidité d'incorporation. Le projet EQ'Air aide les agriculteurs à comprendre ces mécanismes et à identifier des moyens de réduire la volatilisation.La part d'azote réellement utilisée par les cultures est déterminante
Les opérations d'épandage sont généralement planifiées en fonction de la disponibilité du matériel, de l'état des parcelles et des prévisions météorologiques. Toutefois, la part d'azote réellement absorbée par les cultures est un facteur essentiel. Une partie de l'azote apporté est perdue par volatilisation sous forme d'ammoniac, ce qui pose des problèmes agronomiques, économiques et environnementaux.La volatilisation touche des formes d'azote précises
La volatilisation concerne principalement l'azote ammoniacal présent dans les effluents d'élevage et certains engrais minéraux. Par exemple, cette forme d'azote représente 15 % de l'azote total dans le fumier bovin, 42 % dans le lisier bovin, 70 % dans le lisier porcin et jusqu'à 78 % dans certains digestats de lisier porcin, selon la Chambre régionale d'agriculture de Bretagne et le projet Abaa. Pour maîtriser ces pertes, il faut tenir compte de la nature du produit et des méthodes d'intervention.Le type de matériel influence les pertes d'azote
Le type de matériel d'épandage a un impact important sur les pertes d'azote. Une simulation réalisée avec l'outil AgrivisioN'air pour un apport de 35 m³/ha de lisier porcin a mis en évidence des différences notables. Avec des buses classiques sans incorporation, les pertes peuvent atteindre 38 kg d'azote ammoniacal par hectare. Ces pertes diminuent à un niveau compris entre 27 et 32 kg/ha avec une rampe pendulaire, et ne sont plus que de 11 kg/ha avec un injecteur à dents.Une incorporation rapide réduit les pertes d'azote
Incorporer rapidement l'effluent épandu permet de retenir l'azote. La même simulation montre qu'un épandage par buses suivi d'une incorporation dans les quatre heures limite les pertes à environ 11 kg/ha. En revanche, si l'incorporation intervient plus de vingt-quatre heures après l'épandage, les pertes dépassent 36 kg/ha. Agir rapidement après l'épandage, lorsque les conditions le permettent, est un moyen efficace de conserver davantage d'azote dans le système sol-plante.La météo influence la volatilisation de l'azote
Les conditions météorologiques, comme la température, le vent et l'humidité de l'air, influencent directement la volatilisation. Une prévision météo fiable permet d'anticiper des conditions favorables et de comparer plusieurs scénarios avant de commencer l'opération. Bien maîtriser l'épandage présente un triple intérêt : une meilleure efficacité agronomique grâce à un azote mieux retenu pour les cultures, des bénéfices environnementaux par la réduction des émissions d'ammoniac et la limitation de la formation de particules fines dans l'air, et des bénéfices économiques grâce à une utilisation optimisée des engrais.Le projet EQ'Air combine plusieurs facteurs
Une meilleure maîtrise des pertes d'azote suppose de combiner connaissances agronomiques, pratiques au champ et prise en compte de la qualité de l'air. En Normandie, cette démarche s'inscrit dans le projet EQ'Air, financé par l'Ademe et piloté par la Fédération régionale des Cuma de l'Ouest, Atmo Normandie et les Chambres d'agriculture de Normandie.