Baisse révisée de la récolte de raisin en France

Agreste, service statistique du ministère français de l'Agriculture, a publié le 8 octobre une estimation actualisée de la récolte de raisin 2026, fixant la production à 34,9 millions d'hectolitres. Il s'agit d'une légère révision par rapport à son estimation initiale de 34,88 millions d'hectolitres, mais cette production reste en recul de 2 % par rapport à la récolte 2025, déjà faible, et de 14 % par rapport à la moyenne 2021-2025.

Rendements en hausse dans le Languedoc-Roussillon

La révision s'explique principalement par des rendements meilleurs que prévu dans le Languedoc-Roussillon, qui ont permis de compenser les baisses enregistrées dans d'autres régions. Un mois plus tôt, Agreste prévoyait une récolte plus faible, à 33,9 millions d'hectolitres, ce qui illustre l'impact important des variations régionales sur la production de raisin.

Conditions météorologiques défavorables et surfaces réduites

La faiblesse globale de la récolte s'explique par une baisse de 1,9 % des surfaces de production sur un an, ainsi que par les effets de conditions météorologiques défavorables, notamment le gel, la grêle, la sécheresse et les vagues de chaleur. Ces conditions ont réduit les rendements dans plusieurs régions, même si certaines zones ont connu des améliorations.

La Champagne et les régions du Nord accusent de fortes baisses

La Champagne enregistre le recul le plus marqué, avec une récolte en baisse de 48 % par rapport à l'année précédente. Cette région subit une série de difficultés, dont le gel, la grêle et la sécheresse, qui ont presque réduit de moitié sa production. D'autres régions du Nord, comme la Bourgogne et le Beaujolais, affichent également des baisses importantes, avec une production en recul de 22 % sur un an.

Le Languedoc-Roussillon et le Bordelais en amélioration

Le Languedoc-Roussillon se distingue avec une hausse de 20 % de sa récolte sur un an, malgré une réduction des surfaces de production. Les pluies de fin d'été ont contribué à atténuer les effets de la sécheresse et des vagues de chaleur. Le Bordelais connaît également une amélioration, avec une hausse de 10 % de sa production, même si celle-ci reste inférieure à sa moyenne quinquennale.

Des variations régionales persistantes

Les autres régions présentent des résultats contrastés : le Sud-Ouest augmente sa production de 12 % sur un an et se rapproche de sa moyenne quinquennale. En revanche, le Sud-Est recule de 3 %, et d'autres régions, comme la vallée de la Loire et les Charentes, enregistrent également des baisses. La Savoie et la Corse connaissent quant à elles de légères hausses de leurs récoltes.

Des évolutions divergentes selon les catégories de vins

Les volumes de vins d'appellation d'origine protégée (AOP) diminuent de 7 % sur un an, tandis que d'autres catégories, comme celles destinées aux spiritueux et les autres vins, affichent également des baisses. Seuls les vins à indication géographique protégée (IGP) progressent, de 11 %, principalement grâce aux résultats du Languedoc-Roussillon.

Volumes récoltés et production commercialisable : une distinction importante

Agreste distingue les volumes récoltés de la production commercialisable, laquelle peut inclure des réserves issues des récoltes précédentes. Une baisse des volumes récoltés ne se traduit pas nécessairement par une baisse proportionnelle du chiffre d'affaires, car celui-ci dépend des prix de vente et des stocks disponibles. Les prix des vins à la production ont augmenté de 1 % sur un an en août, certaines catégories affichant des hausses plus marquées.

Prochaine estimation prévue en novembre

Agreste prévoit de publier sa prochaine estimation de la récolte de raisin 2026 le 6 novembre, avec de nouvelles informations sur les tendances de production et les répercussions possibles sur le marché.