Les personnels de santé publique de Polynésie française sont en grève contre des salaires et des conditions de travail jugés insuffisants, et réclament de meilleurs avantages face aux tensions avec le gouvernement.
La grève entre dans son quatrième jour en Polynésie française
Au quatrième jour d'une grève illimitée dans le secteur public de la santé en Polynésie française, le mouvement intersyndical a intensifié sa campagne en contestant les comparaisons salariales fournies par le gouvernement et en soulignant le manque d'attractivité des postes médicaux dans la région.Assemblée générale prévue vendredi
Une assemblée générale est prévue ce vendredi à midi au CHPF. La démission de la ministre de la Fonction publique, Vannina Crolas, annoncée par Polynésie la 1ère, n'avait pas encore été confirmée par la présidence dans la matinée.Une hausse de salaire proposée se heurte à des résistances
Moetai Brotherson a proposé une hausse de 15 % des salaires des praticiens hospitaliers à partir de 2027, avec une éventuelle nouvelle augmentation en 2028. Les syndicats estiment toutefois que le problème dépasse cette proposition.Des comparaisons salariales révèlent un écart
S'appuyant sur une étude commandée par le ministère de la Santé, le mouvement intersyndical compare les salaires des praticiens hospitaliers polynésiens à ceux des départements et collectivités d'outre-mer (DROM). Selon leurs calculs, à grade équivalent, le salaire brut serait supérieur de 28 à 44 % dans les DROM, prime d'engagement comprise.Le coefficient du gouvernement critiqué
Le coefficient de 1,34 utilisé par le gouvernement pour comparer les salaires locaux à ceux de l'Hexagone est contesté par le mouvement intersyndical, qui affirme qu'il s'agit d'une moyenne de l'ensemble des professions de santé. Pour les seuls praticiens hospitaliers, le rapport va de 1,04 au premier échelon à 0,94 au treizième, six échelons sur treize étant ainsi moins bien rémunérés en Polynésie que dans l'Hexagone.Des salaires réels toujours flous
La question des salaires réels a également alimenté la polémique. Un responsable syndical a évoqué un salaire brut moyen de 1,4 million de francs par mois pour les médecins publics, un chiffre contesté par des confrères qui estiment qu'il confond les coefficients d'indexation. Les graphiques publiés par le mouvement intersyndical ne détaillent pas les salaires mensuels réels des praticiens, gardes et astreintes comprises.Des avantages absents en Polynésie française
Le mouvement intersyndical souligne l'absence de plusieurs avantages existant dans d'autres territoires, comme la prime d'engagement de service public exclusif, le compte épargne ou une retraite calculée sur l'ensemble du salaire. « 5 avantages ailleurs. 0 ici », résume le mouvement. Il cite une prime mensuelle de 120 500 francs dans les DROM et de 208 508 francs en Nouvelle-Calédonie, contre aucune prime équivalente en Polynésie. Ces comparaisons ne tiennent toutefois pas compte de l'ensemble des différences fiscales et statutaires entre les territoires.Le secteur de la santé face à une crise des effectifs
Vendredi matin, les syndicats ont également tiré la sonnette d'alarme sur la situation de la direction de la Santé, affirmant que seuls 13 % des postes avaient été pourvus lors du dernier concours, que plus de six postes médicaux sur dix étaient occupés par des contractuels, et que 42 000 évacuations sanitaires avaient été réalisées en un an, soit 3 000 de plus en douze mois. « Sans statut attractif, on ne recrute plus, on ne retient plus. Et ce sont les îles qui paient en premier », ont-ils averti.Six priorités définies
Le mouvement intersyndical rappelle ses six priorités : le statut unique, le recrutement, la formation, le temps de travail, la carrière et la rémunération, ainsi que l'environnement de travail. « Nous demandons au Pays d'agir maintenant, avant que la tempête n'emporte ce qui reste de notre santé publique », prévient-il. Une nouvelle démission, celle de Vannina Crolas, pourrait déstabiliser le gouvernement au cœur du conflit. La présidence n'a ni confirmé ni infirmé l'information, indiquant qu'elle continue de travailler sur les dossiers avec ses équipes.Avenir de la grève incertain
Une assemblée générale de l'ensemble du mouvement intersyndical est attendue ce vendredi à midi au CHPF. Après quatre jours de mobilisation et sans protocole d'accord signé, les grévistes doivent décider de l'avenir du mouvement.