Avant 1897, les boîtes d’allumettes pouvaient être mortelles en raison du phosphore blanc utilisé dans leur fabrication. Cette substance pouvait provoquer un empoisonnement fatal en cas d’ingestion, et de tels accidents – qu’ils soient involontaires ou volontaires – n’étaient pas rares. Beaucoup ignoraient que l’acte simple d’allumer une allumette, surtout la première d’octobre ou pour démarrer un feu, cachait autrefois des dangers insoupçonnés. Les ouvriers des usines d’allumettes étaient exposés à des risques sanitaires graves, dont une affection appelée « mâchoire de phosphore », ou nécrose du maxillaire due au phosphore. Cette maladie, causée par une exposition prolongée aux vapeurs de phosphore blanc, commençait par des douleurs intenses et des abcès au niveau de la mâchoire, avant de détruire les tissus osseux. Les zones touchées émettaient une lueur blanchâtre dans les ateliers faiblement éclairés. Le seul traitement consistait en l’ablation chirurgicale de la mâchoire, sans quoi la mort était inévitable. Une photographie existe d’un ouvrier de 28 ans ayant subi cette opération.
Le phosphore blanc fut utilisé pour la première fois dans les allumettes en 1831 par le chimiste français Charles Sauria. Le premier rapport médical décrivant la « mâchoire de phosphore » fut publié en 1845 par un médecin nommé Lorinser à Vienne. En France, une loi promulguée le 2 août 1872 instaura un monopole d’État sur les allumettes, entraînant la fermeture des usines privées et réservant la production et la vente des allumettes à l’État. La Finlande avait déjà interdit le phosphore blanc en 1872, suivie par le Danemark en 1874. La France finit par l’interdire, certaines sources situant cette mesure en 1897, d’autres en 1898. La pression en faveur de cette interdiction dans les années 1890 fut en grande partie portée par les travailleurs, avec une participation active des femmes. Ce mouvement s’étala sur plus de cinquante ans de protestations et de campagnes.
À Londres, la grève de 1888 des « matchgirls » de Bryant & May attira l’attention sur les conditions de travail dangereuses et les risques sanitaires liés au phosphore blanc. En 1891, une nouvelle usine financée par l’Armée du Salut ouvrit ses portes et utilisa du phosphore rouge, une alternative plus sûre. Cependant, le Royaume-Uni n’adopta une loi interdisant le phosphore blanc qu’en 1908, avec une application effective après le 31 décembre 1910. À l’origine, ces allumettes plus sûres coûtaient trois fois plus cher que celles contenant du phosphore blanc.
À la fin des années 1890, deux chimistes français, Henri Sévène et Émile David Cahen, démontrèrent que le sulfure de phosphore pouvait être utilisé pour fabriquer une allumette « à friction universelle » non toxique et non explosive. L’année de leur démonstration varie selon les sources, certains la situant en 1898, d’autres en 1899. Leurs travaux leur valurent un prix Montyon, qui récompense les contributions améliorant les conditions de travail. En 1902, l’usine d’Aubervilliers fut reconstruite pour utiliser leurs machines de production en continu. La Convention de Berne, signée le 26 septembre 1906, interdit le phosphore blanc dans les allumettes et proscrit leur importation et leur vente. Il s’agissait de la première tentative internationale d’interdiction d’un produit industriel, bien que celle-ci ne prenne effet qu’au 1er janvier 1912. La convention reste en vigueur dans 48 pays. En 1925, Edward Phelan, futur directeur général de l’Organisation internationale du travail, suggéra que la création de cette organisation pouvait être retracée jusqu’à cette convention de 1906.
Interdiction historique du phosphore blanc dans les allumettes et son impact mondial
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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