La RN2, surnommée la Route des Laves, traverse le Grand Brûlé sur la côte est de La Réunion, une île de l’océan Indien connue pour son activité volcanique fréquente du Piton de la Fournaise. Cette route a été maintes fois endommagée, ensevelie et reconstruite sur des coulées de lave refroidie depuis 1977. Elle est essentielle pour relier la région isolée du Sud Sauvage de l’île et constitue le seul itinéraire viable pour désenclaver la zone en cas de besoin. En mars 2026, une nouvelle éruption a recouvert environ 430 mètres de la RN2 de coulées de lave atteignant 5 à 10 mètres d’épaisseur aux principaux carrefours. Ce n’est pas la première fois que la route est touchée par des éruptions, des événements majeurs ayant été enregistrés en 1977, 1986, 2002 et 2007. L’éruption de 2007, souvent qualifiée d’éruption du siècle, a enseveli des parties de la route sous plus de 60 mètres de lave et a agrandi le Grand Brûlé, modifiant le littoral près de l’océan Indien. Rebâtir la RN2 sur de la lave fraîchement refroidie est une tâche complexe et urgente. Une fois l’éruption terminée et la surface de la lave durcie, des engins de construction sont utilisés pour briser la croûte basaltique et niveler le sol. Une route temporaire en gravier est ensuite ouverte pour permettre un accès rapide à la région du Sud Sauvage. La couche d’asphalte définitive n’est posée qu’une fois que le sol volcanique a entièrement retrouvé une stabilité thermique. Eric Boiteux, responsable des opérations routières à la Région Réunion, a expliqué que la RN2 peut disparaître des cartes du jour au lendemain et doit parfois être reconstruite sur des coulées de lave encore en refroidissement. Après l’éruption de 2007, sept mois de planification et de travaux ont été nécessaires pour rouvrir entièrement la route. Des panneaux d’information le long de l’itinéraire marquent la Route des Laves, mettant en avant les éruptions passées et l’histoire de la reconstruction de la route. Chaque panneau rappelle le passé volcanique de la région et l’effort continu pour entretenir la voie. Malgré de nombreuses éruptions et perturbations, la RN2 est restée fonctionnelle, suivant un schéma bien établi : la lave recouvre la route, le sol refroidit, les engins la reconstruisent, et la circulation reprend, souvent en quelques semaines. La route est devenue le symbole de la résilience de l’île et de son adaptation à son environnement volcanique, plutôt qu’une tentative totale d’empêcher les éruptions d’affecter la zone.