Une étude menée dans le cadre du programme I’m Fine de Lancôme révèle que de nombreuses femmes affirment aller bien alors que ce n’est pas le cas, souvent par crainte de peser sur leur entourage. Cette problématique est au cœur de la campagne de Lancôme, élaborée en partenariat avec l’Anxiety and Depression Association of America (ADAA) et, en France, avec Psycom, une organisation publique de référence en santé mentale. L’initiative vise à aider les femmes à reconnaître les premiers signes d’anxiété et de dépression et à en parler sans crainte du jugement. Des célébrités comme Demi Moore, Christy Turlington, Zoe Saldana et Vanessa Kirby partagent leurs expériences personnelles pour porter ce message. Un questionnaire gratuit et confidentiel, disponible sur la plateforme IMFINE.COM et basé sur des outils scientifiquement validés (le GAD-7 pour l’anxiété et le PHQ-8 pour la dépression), permet aux utilisatrices d’évaluer leur santé mentale et d’accéder à des ressources fiables ainsi qu’à des témoignages de femmes du monde entier. Selon un sondage Ipsos réalisé pour Lancôme, 52 % des femmes interrogées déclarent ne pas vouloir peser sur leurs proches avec leurs problèmes, ce qui constitue la principale raison de leur silence. Ce constat illustre un réflexe profondément ancré de privilégier les autres au détriment de soi, même en cas de difficulté. Plus de 60 % des femmes avouent avoir du mal à aborder la question de la santé mentale, un obstacle plus important que ceux liés à la fertilité (54 %) ou à la ménopause (48 %), autrefois considérés comme des tabous. L’enquête révèle également que 38 % des femmes estiment devoir se débrouiller seules, 31 % craignent de paraître vulnérables et 29 % ressentent une pression à toujours afficher une image positive. Ces éléments contribuent à perpétuer le silence malgré les tourments intérieurs. D’après le baromètre 2024 de Santé publique France, 18,2 % des femmes ont connu un épisode dépressif, contre 12,8 % des hommes. Le trouble anxieux généralisé touche 7,6 % des femmes, contre 4,8 % des hommes. On estime qu’environ une femme sur trois sera concernée par un trouble anxieux ou dépressif au cours de sa vie, soit deux fois plus que les hommes. Ce même baromètre indique que 44 % des personnes ayant vécu un épisode dépressif au cours de l’année écoulée n’ont reçu aucun soin. La première étape pour aborder ces enjeux consiste souvent à mettre des mots sur ce que l’on ressent, que ce soit en s’ouvrant à un proche, à une personne de confiance ou à un médecin généraliste. Si la phrase « Je ne vais pas bien » semble trop difficile à prononcer, un questionnaire d’auto-évaluation peut aider à y voir plus clair, sans pour autant remplacer un avis médical.