Les images satellites de Google indiquent que 80 % de la ville de Gaza a été détruite par les bombardements israéliens depuis le 7 octobre 2023, selon les Nations unies. Certains internautes ont comparé la puissance destructrice des bombes utilisées à quinze fois celle de la bombe atomique larguée sur Hiroshima en 1945, ou à douze fois celle de la bombe lâchée sur Nagasaki. Le Bureau des médias du gouvernement de Gaza, contrôlé par le Hamas, affirme que près de 223 000 tonnes de bombes ont été larguées sur Gaza, soit une puissance équivalente à quinze fois celle de « Little Boy », la bombe américaine larguée sur Hiroshima. Toutefois, ce chiffre provient d’une source dont la fiabilité est sujette à caution. Michel Goya, ancien officier de marine et historien, estime que la quantité d’explosifs utilisés se situe entre 150 000 et 220 000 tonnes, bien qu’il précise que les explosifs représentent environ 40 % du poids total des bombes. En décembre 2025, l’ONU avait estimé que 70 000 tonnes d’explosifs avaient été larguées sur Gaza depuis le 7 octobre, ce qui, selon le calcul de Goya, équivaudrait à environ 175 000 tonnes de bombes. Depuis, dix mois se sont écoulés et les bombardements se poursuivent. La puissance de « Little Boy », la bombe larguée sur Hiroshima, est estimée à 15 000 tonnes d’équivalent TNT (trinitrotoluène). Si 220 000 tonnes de bombes ont été larguées sur Gaza, cela représente une puissance totale d’environ 88 000 tonnes, soit 5,9 fois celle de la bombe d’Hiroshima. Cette estimation a été réalisée en avril 2025 par Paul Rogers, professeur spécialisé dans les questions de paramilitarisme et de défense à l’université de Bradford. Michel Goya, cependant, estime que comparer les bombes utilisées à Gaza aux bombes atomiques américaines larguées sur le Japon n’est pas très pertinent. Il souligne que Hiroshima a été le théâtre d’un seul bombardement, qui a causé 70 000 morts immédiatement et environ 140 000 au total en 1945, en raison des radiations et des blessures. Selon Michel Goya, le nombre de morts à Gaza est estimé à un peu plus de 70 000 à ce jour, dont environ 50 000 civils. Les frappes durent depuis trois ans, et toutes les victimes ne sont pas dues à des bombardements aériens. Il y a également eu des combats au sol, des snipers et d’autres formes de violence. Goya ajoute que, bien que ces frappes soient meurtrières, elles n’ont pas toujours pour unique but de tuer. À titre d’exemple, il relève que les calculs montrent qu’environ quatre tonnes de bombes sont utilisées par civil tué. Cela ne diminue en rien l’horreur de la situation, mais cela met en lumière l’objectif israélien de détruire les infrastructures, parfois des blocs entiers de maisons ou de quartiers, afin d’effrayer et de pousser la population à fuir. Une grande partie des destructions a eu lieu dans des zones préalablement évacuées après des avertissements transmis par tracts ou SMS aux habitants. Les efforts israéliens pour détruire Gaza ont été massifs. Grâce à des approvisionnements en munitions en provenance des États-Unis et à l’accès à des bases aériennes proches, Israël peut bombarder Gaza « à volonté ». Selon le rythme des frappes et la quantité d’explosifs utilisés, Michel Goya estime que plusieurs dizaines de milliers, voire plusieurs centaines de milliers de projectiles, dont certains engins extrêmement puissants comme la bombe Mark 84, ont été largués sur Gaza depuis le 7 octobre 2023. En 2011, la France a mené sa plus grande campagne aérienne depuis la Seconde Guerre mondiale en Libye, en larguant 1 000 projectiles en six mois. Ici, on parle de centaines de milliers, explique Goya. Une campagne de bombardements incessante, alors que 80 % de la population gazaouie vit dans des camps de fortune ou parmi les ruines, pourrait avoir un effet secondaire terrible. Selon l’ONU, entre 5 et 10 % des munitions tirées par Israël ou abandonnées par le Hamas n’ont pas encore explosé. Cela représente entre 3 500 et 7 000 tonnes d’engins explosifs dispersés dans des maisons, des hôpitaux et des écoles, posant un risque à long terme pour les civils.