Tensions au Sénat autour du rapport sur la Corse

Paulu Santu Parigi, sénateur du groupe Femu a Corsica et membre du groupe centriste Union, a décrit une atmosphère tendue au Sénat à l'approche d'un rapport majeur sur l'autonomie de la Corse. Il a souligné que le projet de loi se heurte à des difficultés en raison d'autres dossiers urgents au Parlement national et des récents événements survenus en métropole.

Priorités parlementaires et manœuvres politiques

Santu Parigi a expliqué que, si les conditions ne sont pas idéales, des efforts sont en cours pour obtenir une majorité au Sénat, à travers des discussions menées avec Gilles Simeoni et Nanette Maupertuis auprès des groupes politiques. Il a suggéré que certains membres des Républicains, groupe majoritaire au Sénat, pourraient chercher à se venger d'événements passés.

Vote probablement partagé et nécessité d'une intervention

Il a indiqué que le vote risque fort d'être partagé, sauf si des personnalités de premier plan comme Gérard Larcher et Bruno Retailleau interviennent pour bloquer le processus. Il a insisté sur le fait que la situation est actuellement à égalité, 50-50, et que le débat a dépassé les questions constitutionnelles pour aborder des sujets plus controversés.

Constitutionnalistes et positions des groupes politiques

Santu Parigi a mis en garde contre des tendances dangereuses et contre l'influence des constitutionnalistes opposés aux évolutions prévues pour la Corse. Il a relevé que le groupe centriste Union, qui compte 63 membres, jouera un rôle déterminant lors du vote, le groupe RDPI (15 membres) et les écologistes soutenant le texte.

Opposition divisée et majorité incertaine

Les socialistes sont divisés, les communistes seraient opposés au projet de loi et le groupe RN (15 membres) devrait voter contre. Le groupe LR, qui compte 124 sénateurs sur 348, reste incertain quant à sa position. Il a exprimé sa crainte qu'une majorité de droite opposée au texte ne constitue un revers important.

Amendements et incertitudes procédurales

Il a indiqué qu'aucun amendement n'avait été déposé jusqu'à présent auprès de la commission des lois, ce qui laisse penser qu'ils pourraient être réservés pour la séance publique. Il a noté qu'il était incertain que le président de la commission des lois mette le rapport aux voix, et que le rapport de la commission pourrait n'être qu'une formalité.

Craintes d'attaques personnelles et autonomie régionale

Santu Parigi a exprimé la crainte que le débat ne dérive vers des attaques personnelles, alimentées par certains constitutionnalistes hostiles au texte, tandis que d'autres, comme Géraldine Charlier et Wanda Mastor, le soutiennent. Il a évoqué l'expérience de Mme Chavrier, confrontée à des difficultés similaires lors de la mise en œuvre d'adaptations locales en Île-de-France.

Interrogations sur la position du Sénat face à l'autonomie corse

Il s'est interrogé sur les raisons pour lesquelles le Sénat, en tant que chambre des territoires, serait hostile à l'autonomie corse, estimant que ce serait une première pour cette chambre que de rejeter la volonté d'un territoire.