Jae Stephens, jeune pop star en devenir et ancienne fan de Beyoncé, sort son premier album AUDACITY, mêlant R&B, pop et influences des années 90 avec des collaborations comme PinkPantheress.
2026 marque le 10e anniversaire d’Insecure
L’année 2026 est marquée par le 10e anniversaire de la série culte Insecure, un projet créé par HBO et développé par la scénariste et productrice américaine Issa Rae, conçu comme une lettre d’amour aux femmes noires. « Alright » de Kendrick Lamar ouvre Insecure
Le 9 octobre 2016, les premières notes de « Alright » de Kendrick Lamar résonnent sur une série de plans fragmentés de palmiers agités par le vent chaud de la Californie. Au cœur d’un Los Angeles ensoleillé, tout semble possible. Le goût musical d’Issa Rae définit Insecure
Dès les premiers instants d’Insecure, en faisant appel à Kendrick Lamar, Issa Rae établit son goût musical comme l’un des piliers de sa création. Dix ans plus tard, la productrice s’est imposée comme l’une des femmes les plus puissantes de l’industrie télévisuelle, mais pas seulement. Raedio est lancé en 2019
En 2019, à son initiative, le label Raedio voit le jour en partenariat avec Atlantic Records (filiale d’Universal Music). La dernière artiste révélée par le label est Jae Stephens, qui a dévoilé en septembre son premier album, AUDACITY. Les débuts de Jae Stephens à Los Angeles
« Mon frère et moi étions de vrais enfants typiques de Los Angeles en grandissant », raconte Jae Stephens ce lundi pluvieux d’octobre à Paris. Son sourire, malgré l’enchaînement des interviews, ne semble affecté par aucune météo. Comme une vraie Américaine, elle affiche des manières impeccables et une bonne humeur capable de charmer les plus grincheux. Les origines familiales de Jae Stephens
« Si le R&B de Mary J. Blige et la musique gospel imprègnent le foyer musical, ce n’est qu’après quelques années qu’une carrière de chanteuse s’est imposée dans l’esprit de l’Américaine. » À six ans, le déménagement à Los Angeles marque un premier tournant bienvenu. Soutenue par ses parents, la jeune fille enchaîne les auditions, avant de comprendre que la musique l’intéresse davantage que les sirènes d’Hollywood. Le virage de Jae Stephens vers la musique
« À un moment, il ne suffisait plus d’être mignonne pour obtenir le rôle. Il fallait aussi avoir du talent. Soyons honnêtes : ce n’était pas mon cas. C’est ainsi qu’à 12 ans, la musique est devenue ma priorité. » Elle intègre alors la Los Angeles County High School for the Arts, qui compte parmi ses anciens élèves des célébrités comme Phoebe Bridgers, les sœurs Haim ou la chanteuse Jordan Patterson. L’inspiration de Beyoncé pour Jae Stephens
Les parents de Jae Stephens, son premier soutien en toutes circonstances, n’ont qu’un conseil à lui donner lorsque leur fille leur fait part de son ardent désir de devenir chanteuse. « Ils m’ont dit : “Tu devrais regarder ce que fait cette fille.” » Cette « fille » ? Beyoncé. La communauté en ligne de Jae Stephens
Comme la plupart des adolescents nés après 2000, Jae Stephens est « accro à internet ». Son seizième anniversaire est célébré sur Habbo, une sorte de jeu virtuel en ligne, ancêtre de Facebook, Instagram et consorts. Savait-elle alors que son activité de fan en ligne servirait grandement sa future carrière ? Les premières chansons de Jae Stephens
C’est encore sur internet, et notamment sur SoundCloud, que Jae Stephens publie ses premiers morceaux. Elle est repérée par son manager, basé à Londres. Sans hésiter, dès la fin de ses études secondaires, la jeune femme s’envole pour le Royaume-Uni. La carrière de Jae Stephens comme autrice-compositrice
De retour à Los Angeles, Stephens devient autrice-compositrice pour d’autres artistes. Pas n’importe lesquels : Chxrry, Ne-Yo et Jennifer Lopez figurent parmi ses collaborations. Un premier emploi qui lui permet d’affiner sa plume, mais face auquel le désir grandissant de s’affirmer comme artiste finit par émerger. La percée de Jae Stephens avec Raedio
Ce n’est qu’en 2022 que son manager l’inscrit à un concours dont le gagnant peut décrocher un contrat avec Raedio, le nouveau label d’Issa Rae. Après sa victoire, Jae Stephens dévoile High My Name Is, son premier EP sur le label. « Body Favor » devient un succès
Toutefois, c’est avec le titre « Body Favor », devenu viral en 2025 et qui rappelle les belles heures des Neptunes, que la vision artistique de la jeune femme s’affirme pleinement. L’album AUDACITY de Jae Stephens
« Beaucoup de choses se passent sur le premier album de Jae Stephens, AUDACITY. Heureusement, le chaos semble être son terrain de jeu favori. » C’est ainsi que débute la critique du premier album de Jae Stephens par le média musical Pitchfork. Le style de production de Jae Stephens
« Comme pour beaucoup de chanteuses aujourd’hui, la production est vraiment devenue une nécessité pour moi. J’écrivais mes propres paroles, il me fallait donc apprendre à produire mes propres morceaux sur GarageBand pour les accompagner. » Les influences musicales de Jae Stephens
La trajectoire de Jae Stephens ressemble presque trait pour trait à celle de sa consœur britannique PinkPantheress. Rien d’étonnant, donc, à retrouver le nom de cette dernière au générique de « Crush », qui ouvre l’album AUDACITY. « Crush » mêle les influences
« Crush », le titre sur lequel PinkPantheress fait résonner son accent britannique dans le refrain, rappelle les percussions de « Nasty » de Janet Jackson et s’inscrit dans une filiation new jack swing bien accueillie (genre musical caractérisé par des percussions appuyées, des boîtes à rythmes comme la Roland TR-808 et des samples hip-hop typiques, associés à un swing syncopé). La vision artistique de Jae Stephens
De fait, l’ensemble du travail de Jae Stephens prouve que l’artiste connaît son héritage sur le bout des doigts. « I Miss the City » et sa mélodie de harpe scintillante évoquent « All in Me » de Brandy, tandis que « Gymnastics » et « Expensive & Difficult » rappellent les productions pop saccadées de Timbaland au début des années 2000. L’album comme déclaration culturelle
C’est que Stephens a imaginé AUDACITY comme un projet qui s’inscrirait dans l’univers du film Coyote Girls, mais aussi dans une atmosphère urbaine et nocturne, où tout serait dirigé par des femmes. Une sorte de matriarcat personnalisé incarné par le titre « Attaboy! », l’un des temps forts de l’album. La vision de Jae Stephens pour la pop
« J’ai l’impression que nous sortons d’une période dominée par une scène bedroom pop plutôt morose, où chacun était enfermé dans sa chambre, chantant doucement dans son micro. Il y avait quelque chose de un peu triste là-dedans, commente l’artiste. Je pense que les gens commencent à se lasser de cette atmosphère. Ils veulent sortir, faire du bruit, s’amuser, retrouver une certaine insouciance, se sentir sexy et faire la fête, quitte à finir un peu éméchés ! »